Berlin relâche l'étau sur les assureurs-vie allemands
Les assureurs vie allemands devraient bénéficier d’un coup de pouce opportun pour compenser la faiblesse actuelle des rendements qui pénalise leur solvabilité. Le gouvernement allemand envisagerait en effet d’abaisser de 50 bp le taux d’intérêt garanti par les assureurs-vie du pays pour le ramener à un niveau de 1,25%. «C’est notre objectif de suivre l’avis des actuaires qui est de ramener le (taux d’intérêt garanti) de 1,75% à 1,25% d’ici au 1er janvier 2015», a ainsi précisé hier à la presse un haut fonctionnaire du gouvernement cité par Reuters, qui ajoute que Berlin souhaite faire entériner le nouveau taux par le Parlement avant l'été.
La dernière baisse de 50 pb du taux, calculé par l’association des actuaires sur la base des rendements à 10 ans des principaux Etats de la zone euro, remonte à début 2012. L’horizon temporel et l’ampleur de la baisse du taux qui semblent être envisagés sont conformes aux recommandations formulées la semaine dernière par la Bafin, le régulateur allemand des marchés. «Un retard dans la prise décision pourrait entrainer des problèmes techniques dans l’application de cette baisse par les assureurs», avait prévenu Felix Hufeld, responsable de l’assurance à la Bafin.
Début mars, le ministère des finances allemand avait indiqué son intention de contraindre aussi les assureurs à réduire le versement de dividendes pour s’assurer de leur capacité à assurer le paiement des rendements à leurs souscripteurs. Les assureurs garantissent en effet un rendement moyen de 3,5% à 4% sur leurs contrats d’assurance vie traditionnels signés avant la crise et qui courent sur des longues durées supérieures à 10 ans. Or, le rendement du Bund à 10 ans a chuté à un niveau de 1,3% hier.
«L’extrême faiblesse des taux d’intérêt se justifiait certainement pour remettre l’économie sur pied. Mais le prix que nous payons pour cette politique de taux zéro, en particulier la dépossession progressive des épargnants, augmente tous les jours», alertait fin février Michael Diekmann, directeur général d’Allianz.
Une situation qui est amenée à perdurer avec la promesse faite par la BCE de conserver une politique monétaire durablement accommodante. L’autorité pourrait même décider dès la semaine prochaine de baisser une nouvelle fois ses taux directeurs à un plus bas historique de 0,10%, et de ramener les taux de dépôt en territoire négatif pour la première de son histoire.
Plus d'articles du même thème
-
La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Un des héritiers de Leonardo Del Vecchio souhaiterait que la holding familiale Delfin cède ses participations dans le secteur financier, ce qui pousserait à des désengagements de Generali, Monte dei Paschi et UniCredit. -
L’euro fait grise mine
Retrouvez comme chaque semaine la chronique du marché des changes par DeftHedge. -
La transmission d’entreprise pâtit de la procrastination du dirigeant
Le baromètre Grant Thornton souligne que la déstabilisation des équipes est perçue comme le risque principal d’une opération insuffisamment préparée. -
IPO : serons-nous prêts quand la fenêtre s'ouvrira ?
Au fond, préparer son IPO c'est se demander si l’organisation est prête, si l’equity story est assez robuste, à quel prix l’entreprise peut être valorisée, avec quels investisseurs et sur quelles bases techniques. Et le directeur financier y a un véritable rôle d'architecte. -
Ipsen acquiert Kartos Therapeutics pour un montant initial de 450 millions de dollars
L'opération permet au laboratoire français de mettre la main sur un candidat médicament de stade avancé contre un cancer rare du sang. Des paiements d'étapes supplémentaires pourraient atteindre 1,3 milliard de dollars. -
Pimco s’attaque aux placements privés
Pimco, qui gère 2.300 milliards de dollars et s’est historiquement concentré sur les titres obligataires cotés en Bourse, a conduit ces derniers mois une série de transactions par placement privé, en prenant des positions importantes dans des opérations très médiatisées, rapporte le Financial Times. Parmi celles-ci figurent le financement de dette en temps de guerre pour des gouvernements du Moyen-Orient, un prêt à un fonds de crédit privé de Blue Owl dont les actions avaient chuté, ainsi qu’une contribution majeure au financement de gigantesques projets de centres de données pour Meta et Oracle.
ETF à la Une
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
Contenu de nos partenaires
-
IdentitésExtrême droite : le grand renversement
La famille du résistant honoré par la République a refusé la présence de représentants du Rassemblement national, au nom de la « continuité historique » entre eux, les collaborateurs et les nazis qui assassinèrent le grand historien -
Projet de loi d'urgence agricole : tout savoir sur la bataille de l’acétamipride au Sénat
Ce lundi, les sénateurs vont examiner le projet de loi d'urgence agricole (PLUA). Contrairement aux députés, ils devraient voter en faveur de la réintroduction de l’acétamipride -
Présidentielle 2027 : la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon soutient Edouard Philippe
Sur France Inter, lundi 29 juin, Maud Bregeon a annoncé soutenir Edouard Philippe dans la course à l'Elysée. La porte-parole du gouvernement a justifié son choix par le « risque absolument majeur d'un second tour entre le Rassemblement national et La France insoumise »