Berkshire Hathaway succombe à son tour à l’idée d’un rachat d’actions
La holding de Warren Buffett avait déjà fait part d’une intention similaire il y a onze ans, sans pouvoir la concrétiser
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Antoine Duroyon
Mode d’optimisation du capital très prisé au sein de nombreuses sociétés, le rachat d’actions n’a jamais été la tasse de thé de Berkshire Hathaway. La holding financière pilotée par Warren Buffett l’a envisagé une fois en l’an 2000, sans mener l’opération à son terme en raison d’une poussée de fièvre du cours. Son conseil d’administration vient de remettre l’idée au goût du jour en donnant son feu vert à un programme pour un montant et dans un délai non spécifiés.
«Notre conseil d’administration a autorisé Berkshire à racheter des actions de classe A et de classe B à des prix ne dépassant pas de 10% la valeur comptable de ces actions à ce moment-là», a indiqué la société dans un communiqué. «De l’avis du conseil et des dirigeants, les activités sous-jacentes de Berkshire valent bien plus que ce montant, bien que toute estimation soit forcément imprécise. Si notre analyse se révèle correcte, les rachats doivent améliorer la valeur intrinsèque des actions Berkshire», a-t-elle ajouté.
Au 30 juin, la valeur comptable atteignait 98,71 dollars par action de classe A, ce qui signifie que la société serait disposée à attribuer jusqu’à 108,58 dollars par titre dans le cadre d’un plan de rachat d’actions. L’action progressait hier dans la soirée de 6,4% à 106,8 dollars. Pour financer ce programme, Berkshire Hathaway aura recours à ses liquidités disponibles qui s'élevaient à 47,89 milliards de dollars à la fin juin.
Au cours du trimestre en cours, la holding a toutefois dépensé pas moins de 15 milliards de dollars en acquisitions et investissements, notamment dans le groupe chimique Lubrizol et dans Bank of America. En tout état de cause, elle a assuré ne pas vouloir conduire d’opérations de rachat qui amèneraient son niveau de cash sous la barre des 20 milliards de dollars.
Aux yeux des analystes, cette décision suggère que Warren Buffett dispose d’un faible nombre d’opportunités d’investissement à l’heure actuelle. Elle semble également témoigner du virage qu’entreprend Berkshire Hathaway au moment où Warren Buffett prépare sa sortie. Todd Combs a été engagé l’an dernier pour gérer le portefeuille et Ted Weschler, gérant du fonds alternatif Peninsula Capitol Advisors, est arrivé en septembre pour l'épauler.
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