Bercy retrouve un style plus classique avec Emmanuel Macron

Pour les économistes, la nomination de l’ex-conseiller de François Hollande devrait aider à clarifier la position de la France vis-à-vis de l’Europe et des marchés
Olivier Pinaud

Vu comme une provocation par une partie de la majorité, le remplacement d’Arnaud Montebourg au ministère de l’Economie par Emmanuel Macron va dans le sens de la clarification promise par François Hollande, selon les économistes. L’ancien banquier de Rothschild et secrétaire adjoint de l’Elysée a conseillé le président de la République sur les questions économiques avant son élection et jusqu’à cet été, y compris pendant la tempête de la crise de la zone euro.

«Nous pensons que cette nomination est un message politique très fort destiné à mettre un terme à la confusion sur les politiques économiques qui prévalait jusqu'à présent et qui aidera à accélérer le processus de réformes», apprécient les analystes de Barclays. «Une mise en œuvre claire du programme français conduira à un écart de taux durablement très faible entre le rendement des OAT françaises et des Bunds allemands», souligne la Société Générale.

L’une des premières missions d’Emmanuel Macron et de Michel Sapin, confirmé aux Finances et aux Comptes publics, avec Christian Eckert comme secrétaire d’Etat au Budget, consistera à négocier auprès des partenaires européens la mise en place d’une nouvelle trajectoire pour la réduction des déficits publics français, l’atonie de la croissance rendant impossible d’atteindre l’objectif de ramener les déficits sous la barre des 3% du PIB en 2015, comme la France s’y était engagée.

Sa nomination vise également à faciliter les discussions avec les entreprises sur la poursuite de la mise en œuvre du pacte de responsabilité. Exane BNP Paribas rappelle que les 40 milliards d’euros transférés vers les entreprises à l’horizon 2017 doivent se traduire par une amélioration de 1,2 point de pourcentage de leurs marges, portée à 3 points dans les trois à six prochaines années. Symboliquement, le «redressement productif» dont Arnaud Montebourg avait la charge est remplacé par «l’industrie».

Les économistes n’attendent pas toutefois de réelle accélération des réformes structurelles à court terme alors que la déflation menace déjà le pays. Hier soir, sur France 2, le Premier ministre, Manuel Valls, a simplement confirmé qu’il présenterait «dans 48 heures» des mesures de relance de la construction de logements. Le premier conseil des ministres du gouvernement Valls 2 se réunit ce matin.

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