Bercy modifie à la marge la hiérarchie des taux de l'épargne réglementée
Le grand soir de l’épargne réglementée en France attendra. Bercy a opté pour une réforme a minima de la hiérarchie des taux en France en s’abstenant de toucher à la rémunération du Livret A, maintenue à 1% le 1er février, et en ramenant le plancher des nouveaux PEL à 2%. «On peut regretter que le gouvernement n’ait pas suivi la proposition équilibrée du gouverneur de la Banque de France qui était de le fixer à 0,75% et non pas 0,25%, comme l’aurait entraîné la formule réglementaire de calcul», a réagi vendredi la Fédération bancaire française.
L’absence de baisse du taux du Livret A n’est pas une bonne nouvelle pour les banques, qui en subissent l’impact sur leurs marges. Le produit est certes moins en vogue, puisque sa décollecte cumulée de janvier à novembre 2014 atteint 5,84 milliards d’euros. Mais sa rémunération sert de référence à l’ensemble des comptes sur livrets au bilan des établissements de crédit, et renchérit donc artificiellement le coût de cette ressource par rapport aux taux de marché.
Dans une étude sur les banques françaises publiée le 5 janvier, Exane BNP Paribas estimait qu’une baisse de 0,5 point du taux du Livret A «permettrait de faire rebondir de 1,7% les revenus des activités de détail sur le marché français». Le Crédit Agricole en serait le premier bénéficiaire.
La réforme du taux minimal du PEL, abaissé de 2,5% à 2% pour les plans d’épargne logement ouverts à partir du 1er février, ramène le produit dans une échelle de rémunération plus cohérente avec les autres formes d’épargne. Le placement, à un horizon de 4 ans, risquait de devenir plus rémunérateur que certains contrats d’assurance vie en euros. Le futur taux de 2% reste cependant largement supérieur à celui des taux swaps (0,72% pour le swap 10 ans) qui lui servent de référence. Il est d’ailleurs devenu un pur placement financier, le taux du prêt auquel il donne droit (4,2%, et 3,2% pour les nouveaux plans) n’étant pas compétitif. «Cette ressource demeurera chère pour le financement du logement. Pour mémoire, le taux moyen des crédits immobiliers est de 2,36%», indique la FBF.
Les épargnants, encouragés en partie par les banques, se sont rués sur le PEL ces derniers mois. De janvier à octobre, le produit a drainé plus de 11,1 milliards d’euros, selon les statistiques de la Banque de France, contre 4,4 milliards lors de la période correspondante de 2013. Les encours du produit s’élevaient à 209 milliards d’euros fin octobre.
Plus d'articles du même thème
-
Le Conseil constitutionnel renforce la protection des tiers saisis face aux mesures de recouvrement
Saisis d'une question prioritaire de constitutionnalité, les Sages ont invalidé une disposition fiscale permettant de faire peser sur un tiers saisi la totalité de la dette du redevable, consacrant ainsi une application stricte du principe de proportionnalité des peines. -
Une fusion transatlantique se profile dans le secteur des ingrédients
Le britannique Tate & Lyle a accepté une offre d’achat en numéraire de son concurrent américain Ingredion, qui valorise sa cible 3,7 milliards de livres dette incluse. -
Revolut viserait d'ores et déjà 115 milliards de dollars de valorisation
La néobanque britannique envisage une nouvelle cession d'actions existantes, selon Bloomberg. Ce nouveau jalon marquerait une nouvelle hausse de sa valorisation par rapport aux 75 milliards atteints en novembre 2025, en vue in fine d'une introduction en Bourse autour de 200 milliards d'ici à 2028. -
Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
La banque verte, comme BNP Paribas, vise de longue date son «deuxième marché domestique», où elle est devenue le premier actionnaire de Banco BPM. Les hypothétiques rapprochements annoncés ces deux derniers jours n’auraient pas les mêmes conséquences pour les deux banques françaises. Le premier est acteur, le second spectateur. -
La dette publique des Vingt-Sept continue de croître
Majoritairement libellée en euros, la dette publique des Etats membres de l’Union européenne s’établit en moyenne à 80% du PIB, sauf dans les pays d’Europe du Sud où elle dépasse les 100%, à l'exception du Portugal. -
Intesa fait entrer la consolidation bancaire italienne dans une nouvelle ère
La plus grande banque italienne a lancé une offre pour racheter MPS-Mediobanca quelques heures après que Banco BPM a fait une proposition similaire. De quoi bouleverser les équilibres de l'ensemble de la finance transalpine.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Greystar boucle le plus grand fonds résidentiel européen value-add
- Arkéa AM recrute un gérant multigestion
Contenu de nos partenaires
-
Défausse ou défense ?Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin renvoie les magistrats à leurs responsabilités
« S’il y a eu des défaillances, il y aura des sanctions », a prévenu le ministre de la Justice, lundi. Encore faudra-t-il qualifier ces éventuelles fautes -
Affaire Lyhanna, justice criminelle : Gérald Darmanin sur tous les fronts
L'examen du projet de loi sur la justice criminelle a débuté lundi à l'Assemblée nationale, par l'audition en commission des Lois du ministre. Au cœur des critiques que suscite l'affaire Lyhanna, le garde des Sceaux doit désormais s'assurer de l'adoption d'un texte dont le contenu crée la polémique depuis sa présentation -
Noir, c'est noirRetraites : l'avenir s'assombrit encore
Les derniers calculs du Conseil d'orientation des retraites aggravent le solde du système, avec un dérapage du déficit à 2,4 points de PIB en 2070