Ben Bernanke voit dans les rachats de titres hypothécaires une « option viable »
Le président de la Fed s’est dit mécontent de l'état de l'économie, avec un taux de chômage élevé. Les prévisions de croissance sont abaissées
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Antoine Duroyon
Alors que l’Europe se retrouve empêtrée dans une nouvelle zone de turbulences, le regard du président de la Fed sur l'économie américaine était attendu. Lors d’une conférence de presse, Ben Bernanke a dit entrevoir un rythme de croissance désespérement lent. Le chômage cyclique, avec un taux proche des 9% depuis deux ans, doit être traité rapidement au risque de devenir structurel, a prévenu le banquier central.
Le staff de la Fed prévoit désormais que la croissance ne dépasse pas 1,7% cette année et s'établisse entre 2,5 et 2,9% l’an prochain. Ces anticipations sont inférieures de près d’un point de pourcentage à celles livrées en juin. Tonalité similaire sur le front du chômage, dont le taux est attendu entre 8,5 et 8,7% en 2012. En juin, la Fed disait tabler sur une baisse jusqu'à 7,8% pour cette année.
Concernant les outils disponibles, le président de la Fed a présenté d’autres rachats de titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) comme une «option viable». «Le secteur immobilier est très important», a-t-il justifié. Et d’affirmer : «c’est certainement quelque chose que nous étudierons si les conditions s’y prêtent». Au rang des autres pistes, le Comité de politique monétaire (FOMC) a discuté de l’adoption d’un objectif explicite de croissance. «Nous n’envisageons pas à ce point de modification radicale du cadre de notre politique. Nous allons nous en tenir à l’approche du double mandat que nous avons utilisé jusqu'à présent», a toutefois assuré Ben Bernanke.
Dans son communiqué, le FOMC a brossé un tableau légèrement plus optimiste de l'évolution de la conjoncture au troisième trimestre. Il estime ainsi que la croissance de l’économie s’est d’une certaine manière renforcée au cours de la période, «reflétant en partie un renversement des facteurs temporaires qui avaient pesé sur la croissance plus tôt dans l’année».
Le Comité a respecté le statu quo, poursuivant son «twist» et s’engageant à maintenir les Fed funds à un niveau exceptionnement bas au moins jusqu'à mi-2013. Charles Evans s’est opposé à la décision, plaidant pour davantage d’assouplissement monétaire. Il s’agit de la première contestation dans cette direction depuis la fin 2007. Argument de poids pour les colombes, la Fed s’attend à ce que l’inflation se situe entre 1,5 et 2% au cours des trois prochaines années.
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