Ben Bernanke livre à Jackson Hole un discours plus accommodant qu’attendu
Doute et désarroi ont prédominé lors du traditionnel symposium des banquiers centraux qui s’est achevé samedi à Jackson Hole, dans le Wyoming. «Qu’est-ce qui retient l'économie ?», s’est interrogé Donald Kohn, ancien vice-président de la Réserve fédérale. «Comment se fait-il que nous menions depuis si longtemps des politiques monétaires si souples, (et) que nous obtenions si peu de croissance ?», a-t-il résumé.
En l’absence du président de la BCE Mario Draghi, excusé en raison d’une charge de travail jugée trop importante, les regards étaient tournés vers son homologue américain Ben Bernanke. A moins de deux semaines de la prochaine réunion du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), les observateurs attendaient du banquier central des indications sur les intentions de l’institut d'émission.
Alors que les minutes du dernier FOMC nourrissaient les espoirs d’un troisième round d’assouplissement monétaire (QE3) dans un avenir proche, Ben Bernanke s’est bien gardé de confirmer toute initiative mais a néanmoins tenu un discours plus conciliant qu’anticipé. «En prenant pleinement en compte les incertitudes et les limites de ses instruments de politique (monétaire), la Réserve fédérale apportera de nouveaux accommodements en tant que de besoin pour promouvoir une reprise économique plus forte et une amélioration soutenue des conditions du marché du travail dans un contexte de stabilité des prix», a-t-il déclaré.
Les commentaires de Ben Bernanke sur l’emploi ont été remarqués. «La stagnation du marché du travail en particulier est une inquiétude sérieuse non seulement en raison des énormes souffrances humaines et du gâchis de talents qu’elle entraîne mais aussi parce que des niveaux durablement élevés de chômage provoqueront des dégâts de fond pour notre économie qui pourraient faire sentir leurs effets pendant de nombreuses années», a-t-il estimé.
«C’est probablement l’un des arguments les plus solides en faveur d’un nouvel assouplissement monétaire à relativement brève échéance que Bernanke a fait jusque là», relève Harm Bandholz, chef économiste US chez UniCredit. La tonalité accommodante du discours de Ben Bernanke a été également été renforcée par son analyse des coûts des politiques non conventionnelles, jugés «raisonnables», à condition qu’»ils soient examinés avec soin».
Plus d'articles du même thème
-
«Nous avons ramené les portefeuilles vers une légère surpondération des actifs risqués»
Mathieu Pivovard, responsable de la gestion diversifiée, Allianz Global Investors -
State Street IM collecte 49 milliards de dollars au premier trimestre 2026
La société de gestion américaine a perdu 86 milliards de dollars sur les marchés au cours des trois premiers mois de 2026. -
La croissance chinoise résiste contre vents et marées
La Chine se montre résiliente, avec 1,3% de croissance au premier trimestre. En revanche, la crise immobilière n’est pas encore résolue et pèse toujours sur la consommation des ménages. -
Roquette émet une obligation hybride de 600 millions d'euros
Les produits nets de l'émission des obligations seront utilisés pour des besoins courants d’entreprise. -
EXCLUSIFWemo Reim change la structure de frais de sa SCPI Wemo One
Quelques semaines après avoir revalorisé son prix de part, la société a fait voter deux résolutions majeures à une large majorité lors de l'assemblée générale vendredi 17 avril. -
Partners Group lève 9 milliards de dollars dans le secondaire
Composée d’un fonds fermé et de mandats, l'enveloppe collectée par la société helvétique s’inscrit dans la dynamique d’un segment devenu stratégique pour la liquidité des investisseurs.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- Comgest fait face à une forte décollecte au premier trimestre 2026
- Qui sont les plus grands gérants d'actifs du monde en 2026 ?
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- Arkéa AM se rapproche de son objectif d’encours à 2030
- Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
Contenu de nos partenaires
-
TrioRachat de SFR : l’espoir d’un retour à trois sur un marché très concurrentiel
Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée, précise le consortium des trois repreneurs de l'opérateur -
Sécurité nationale : un rapport s'alarme de la dépendance des pays européens concernant la tech américaine
Selon un rapport du groupe de réflexion Future of Technology Institute, plus des trois quarts des pays européens utilisent des services de cloud américains pour des fonctions essentielles à leur sécurité nationale -
Indemnisation des ruptures conventionnelles : Les partenaires sociaux « affligés » par le rejet surprise de leur accord à l’Assemblée nationale
Jeudi soir, la faible présence du bloc central dans l'Hémicycle a permis à la gauche de rejeter la transposition d'un tour de vis sur le régime d'indemnisation des ruptures conventionnelles, pourtant objet d'un accord formel entre syndicats et patronat