Ben Bernanke livre à Jackson Hole un discours plus accommodant qu’attendu

Le président de la Réserve fédérale américaine a défendu les coûts «raisonnables» des mesures non conventionnelles
Antoine Duroyon
Ben Bernanke à Jackson Hole le 30 août 2012. Photo: Travis J. Garner/Bloomberg News
Ben Bernanke à Jackson Hole le 30 août 2012. Photo: Travis J. Garner/Bloomberg News  - 

Doute et désarroi ont prédominé lors du traditionnel symposium des banquiers centraux qui s’est achevé samedi à Jackson Hole, dans le Wyoming. «Qu’est-ce qui retient l'économie ?», s’est interrogé Donald Kohn, ancien vice-président de la Réserve fédérale. «Comment se fait-il que nous menions depuis si longtemps des politiques monétaires si souples, (et) que nous obtenions si peu de croissance ?», a-t-il résumé.

En l’absence du président de la BCE Mario Draghi, excusé en raison d’une charge de travail jugée trop importante, les regards étaient tournés vers son homologue américain Ben Bernanke. A moins de deux semaines de la prochaine réunion du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), les observateurs attendaient du banquier central des indications sur les intentions de l’institut d'émission.

Alors que les minutes du dernier FOMC nourrissaient les espoirs d’un troisième round d’assouplissement monétaire (QE3) dans un avenir proche, Ben Bernanke s’est bien gardé de confirmer toute initiative mais a néanmoins tenu un discours plus conciliant qu’anticipé. «En prenant pleinement en compte les incertitudes et les limites de ses instruments de politique (monétaire), la Réserve fédérale apportera de nouveaux accommodements en tant que de besoin pour promouvoir une reprise économique plus forte et une amélioration soutenue des conditions du marché du travail dans un contexte de stabilité des prix», a-t-il déclaré.

Les commentaires de Ben Bernanke sur l’emploi ont été remarqués. «La stagnation du marché du travail en particulier est une inquiétude sérieuse non seulement en raison des énormes souffrances humaines et du gâchis de talents qu’elle entraîne mais aussi parce que des niveaux durablement élevés de chômage provoqueront des dégâts de fond pour notre économie qui pourraient faire sentir leurs effets pendant de nombreuses années», a-t-il estimé.

«C’est probablement l’un des arguments les plus solides en faveur d’un nouvel assouplissement monétaire à relativement brève échéance que Bernanke a fait jusque là», relève Harm Bandholz, chef économiste US chez UniCredit. La tonalité accommodante du discours de Ben Bernanke a été également été renforcée par son analyse des coûts des politiques non conventionnelles, jugés «raisonnables», à condition qu’»ils soient examinés avec soin».

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