Le patron de la Fed a rappelé que la fin du QE à la mi-2014 n'était pas du tout garantie
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Solenn Poullennec
Ben Bernanke. Photo: Kelvin Ma/Bloomberg
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Lors de son intervention devant les députés américains hier, le président de la banque centrale américaine, Ben Bernanke, s’est efforcé de tempérer les ardeurs du marché qui avait vu les taux américains remonter significativement après l’annonce d’un possible ralentissement du programme d’assouplissement quantitatif (QE). Le banquier central a expliqué une nouvelle fois que le rythme des achats d’actifs pourrait ralentir d’ici à la fin 2013 pour être stoppé au milieu de 2014. Cependant, il a pris soin de souligner que ce scénario est susceptible d’être révisé en fonction de l’évolution de l’économie.
Ben Bernanke a réitéré le diagnostic établi mi-mai. Si le marché du travail continue de se redresser, la croissance de se renforcer et l’inflation de converger vers l’objectif de 2%, alors le comité de politique monétaire pourra diminuer le montant de ses achats d’actifs mensuels. Si cette tendance positive se confirme ensuite, les achats pourront être stoppés «autour du milieu de l’année» 2014. Cependant, le patron de la Fed a bien souligné que «les achats d’actifs dépendent des développements économiques et ne sont d’aucune façon déterminés à l’avance».
Aux yeux de l’économiste de BNP Paribas, Julia Coronado, le témoignage de Ben Bernanke devant la Chambre des représentants «envoie un signal très colombe». L’économiste fait valoir que le banquier central a particulièrement insisté sur le risque que représenterait une faible inflation pour l’économie américaine «par exemple en augmentant le coût des investissements en capital et en accroissant les risques de déflation».
L’économiste argue aussi du fait que Ben Bernanke s’est inquiété de l’effet éventuel que pourraient avoir sur la croissance une politique budgétaire restrictive ou encore des débats politiques houleux, notamment sur le plafond de la dette. Pointant du doigt le chiffre de la croissance au deuxième trimestre, l’économiste assure «qu’une Fed dépendante des données macroéconomiques ne réduira certainement pas le montant de ses achats d’actifs en septembre». Selon le «livre beige» publié hier l’économie américaine a crû à un rythme modeste voir modéré par rapport à la dernière enquête dont les résultats ont été publiés en juin.
Les investisseurs ont semblent-ils aussi interprété ces déclarations comme très accommodantes. Les titres d’Etat américains à 5 et 10 ans se détendaient respectivement de 6 et 5 points de base hier après-midi. «Cette intervention ne contredit pas, pas plus qu’elle ne soutient l’idée d’une réduction des achats d’actifs en septembre», estime de son côté Rob Carnell, économiste chez ING. «Une fois de plus, on nous a rappelé que l’attente pourrait être longue entre la fin du QE, quelque part l’année prochaine selon les prévisions de la Fed, et le début d’une augmentation du taux des Fed funds.»
Ben Bernanke a de fait encore expliqué que «le comité de politique monétaire ne considérerait pas un taux de chômage à 6,5% comme une raison suffisante pour augmenter les taux des Fed funds si l’inflation devait rester longtemps en dessous de l’objectif de long terme». Au regard de ces déclarations et de ses projections, l’économiste de Barclays, Michael Gapen, s’attend à des hausses progressives de taux à partir du premier trimestre 2015. Quant à la réduction du rythme des achats d’actifs, elle devrait selon lui intervenir, dès septembre.
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