BCE: la cour constitutionnelle de Karlsruhe saisit la justice européenne
La cour constitutionnelle de Karlsruhe a annoncé ce vendredi qu’elle avait décidé de transmettre à la justice de l’Union européenne une plainte déposée contre la Banque centrale européenne (BCE) sur son programme de rachats obligataires « illimités». La cour de Karlsruhe décèle «des raisons importantes de supposer qu’il (le programme) va au-delà du mandat de politique monétaire de la BCE et est ainsi en infraction vis-à -vis des prérogatives des Etats membres et de l’interdiction d’un financement monétaire du budget». Toutefois, elle «juge également possible qu’une interprétation restreinte de la décision OMT» la rende conforme à la loi.
De plus sur la question pendante du Mécanisme européen de stabilité (MES), structure mise en œuvre pour renflouer les pays vulnérables de la zone euro, la cour de Karlsruhe a dit vouloir statuer le 18 mars sur sa légalité.
Le 12 septembre 2012, le président de la BCE, Mario Draghi, avait annoncé un programme d’Opérations monétaires sur titres (OMT) pour calmer les marchés et leurs attaques contre les pays de la zone euro fragilisés par leurs dettes. L’effet d’annonce a suffi, l’OMT n’ayant jamais été activé. La cour allemande voit «des raisons importantes de supposer qu’il (le programme) va au-delà du mandat de politique monétaire de la BCE et est ainsi en infraction vis-à -vis des prérogatives des Etats membres et de l’interdiction d’un financement monétaire du budget».
La décision de la cour a été accueillie positivement par les marchés. Il est en effet peu probable que la justice européenne remette en cause l’OMT.
Plus d'articles du même thème
-
KNDS reporte son introduction en Bourse
Le fabricant d’armes franco-allemand met en pause son projet de cotation à Paris et Francfort en raison des conditions de marché. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar. -
Google est condamné à payer près de 2 milliards de dollars à Klarna
La justice suédoise estime que Google a, pendant de nombreuses années, abusé de sa position dominante sur le marché de la recherche en ligne. Le groupe pourrait faire appel de cette décision. -
La banque verte achète à Worldline ses parts dans leur coentreprise de paiement CAWL
Le partenariat signé en 2024 se poursuit et reste stratégique. Depuis, la banque est aussi devenue un des plus gros actionnaires du spécialiste du paiement avec plus de 10% de son capital. -
Amarris muscle son bilan pour poursuivre la consolidation en s'émancipant des plateformes techs
Moins d'un an après l'entrée de Naxicap Partners à son capital, le groupe mariligérien lève 39 millions d'euros supplémentaires pour poursuivre sa stratégie de croissance externe sur le marché de l'expertise comptable.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français