BCE : De l’audace !
Il faut être sourd pour ne pas entendre les avertissements répétés des membres de la BCE, annonçant que le taux repo trouverait bientôt un plancher à 1 %. Les voix qui justifient un tel niveau sont bien rares en revanche. Seul Axel Weber, le président de la Bundesbank, a énuméré publiquement les inconvénients de taux plus bas (rémunération des fonds monétaires et des assureurs) et en a dit l’inutilité (taux de marché monétaire actuellement plus bas que le taux repo).
C’est peu pour justifier une politique de 100 pb restrictive (voir notre indicateur) sur les conditions économiques et financières de la zone euro à fin 2010 : nouvelle récession technique possible une fois les effets de la relance passés, 5 points d’écart au PIB potentiel, taux de chômage supérieur à 11 %, euro-dollar à 1,45, etc. Il va falloir que la BCE arrive à convaincre par son arsenal de mesures non conventionnelles, dont le déploiement a été promis pour jeudi prochain.
Et ce n’est pas en annonçant des « repo » de quelques mois plus longs, des changements dans la notation minimale requise pour les papiers éligibles (on pense aux ABS), de moindres haircuts* (catégorisation plus basse pour les obligations garanties hors SFEF) que la banque centrale améliorera sensiblement les choses. Pourquoi ? Aucune de ces mesures, que discutent les salles de marché aujourd’hui, ne facilitent le refinancement des banques à long terme. Or ce n’est que par la dette de long terme que les banques peuvent octroyer du crédit, et que par le crédit que l’on peut espérer une baisse du chômage.
La BCE doit acheter fermement la dette des banques, à l’image du FAAF espagnol qui prend des MBS et des cédulas (obligations sécurisées). Mais elle doit être encore plus audacieuse, et ne pas restreindre la maturité des dettes achetées.
* Décote appliquée aux montants des actifs risqués pris en pension par la BCE.
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