Bataille en vue sur l’application des règles budgétaires européennes

La manière dont le niveau d’endettement et la faible croissance influenceront le rythme de la consolidation fait encore débat
Florence Autret, à Bruxelles

De l’ambitieux plan de relance proposé jeudi par le président François Hollande, les autres chefs d’Etat et de gouvernement n’ont pas retenu grand-chose sinon le prévisible assouplissement du Pacte de stabilité et de croissance. Les Vingt-Huit veulent «faire le meilleur usage de la flexibilité inscrite dans le pacte», mais ils ne retiennent pas l’idée d’un vaste plan d’investissements. Les réformes de structures et la consolidation budgétaire restent à ce stade l’épine dorsale de la stratégie européenne pour sortir de l’atonie. Cette formulation prudente a été débattue pendant plusieurs heures entre sherpas dans la nuit de jeudi à vendredi.

Le président François Hollande a estimé que «toutes les marges, toutes les souplesses du Pacte» devaient être utilisées pour soutenir la croissance et qu’il faudrait tenir compte dans l’application des règles «du taux de croissance, de l’endettement et des réformes structurelles». «Je ne suis pas intervenu pour faire un plaidoyer pro domo. Si je demande l’utilisation des flexibilités, c’est dans l’intérêt de l’Europe. S’il y a plus de croissance, il sera plus aisé de réduire les déficits et de faire les réformes», s’est-il justifié. Pour la chancelière allemande Angela Merkel, «la flexibilité ce n’est pas changer les règles mais mieux les appliquer».

Jean-Claude Juncker, qui a été désigné vendredi pour succéder à José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne en novembre, entamera son mandat par un délicat exercice d’évaluation de la gouvernance économique. Il devra présenter un rapport sur l’application du «Two Pack» et du «Six Pack» pour le 14 décembre.

Par ailleurs la crise ukrainienne imprimera son empreinte sur le programme de la prochaine Commission. Les chefs d’Etat appellent à prendre «des mesures urgentes pour augmenter la résilience énergétique de l’Europe et augmenter sa sécurité énergétique à court terme, avant l’hiver 2014-2015». Au lendemain de l’élection de Jean-Claude Juncker par le Parlement européen le 15 juillet, ils se retrouveront à Bruxelles pour choisir les successeurs d’Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, de Catherine Ashton, la Haute Représentante, et de Jeroen Dijsselbloem, le président de l’Eurogroupe dont le mandat ne s’achève toutefois en principe qu’en 2015.

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