Barack Obama propose une réforme globale de la fiscalité des entreprises
Barack Obama tente une refonte de la fiscalité des entreprises. Le président américain a annoncé hier son intention de réduire l’impôt effectif sur les sociétés du pays de 35% à 28%. Le secteur manufacturier se verrait même attribuer un seuil maximal d’imposition fixé à 25%, contre les 32% actuellement. La Maison blanche compte en contrepartie donner un grand coup de rabot dans les niches fiscales de telle sorte que cette mesure serait neutre fiscalement.
Un effort fiscal et de simplifications administratives pourrait être fait en faveur des PME et les groupes opérant à l’international se verraient imposer une taxe minimum sur leurs profits réalisés hors des frontières. «Notre système actuel de taxation des entreprises est obsolète, injuste et inefficace. (...) Il fournit des avantages fiscaux à ceux qui délocalisent des emplois et des capitaux, et frappe les entreprises qui font le choix de rester aux Etats-Unis avec l’un des taux les plus élevés au monde» a commenté hier Barack Obama. Une mesure que le secrétaire américain au Trésor espère faire passer auprès des élus républicains majoritaires au Sénat.
Néanmoins, cette proposition risque de soulever un tollé de la part des groupes qui bénéficiaient jusqu’à présent de larges avantages fiscaux. A 35%, le taux d’impôt sur les sociétés aux Etats-Unis est l’un des plus élevés au monde derrière celui du Japon. Néanmoins, en tenant compte de la mosaïque de déductions existantes, le total des taxes pesant sur les entreprises du pays n’a représenté sur l’année fiscale 2011 que 12,1% de leurs profits.
D’ailleurs, la collecte du Trésor américain l’année dernière a approché son plus bas niveau historique avec 181 milliards, soit 7,9% des recettes fédérales totales et 2,5% du PIB. L’administration attend une hausse de la collecte à 236,8 milliards sur l’année fiscale qui s’achève fin septembre mais qui ne pèserait plus que 1,5% du PIB du fait du rebond attendu de la croissance. D’ici 2014, elle prévoit un rebond à 430 milliards, soit 13,4% des recettes fiscales et 2,5% du PIB américain.
Le projet de loi de finances 2013 qui prévoit une augmentation de la fiscalité pour les ménages les plus aisés, a obtenu un soutien de la Fed de Minneapolis qui a indiqué hier que l’écart des revenus des 20% les plus pauvres à la moyenne s’est ainsi accru de 30% depuis la crise, portant les inégalités de revenus à leur paroxysme.
Plus d'articles du même thème
-
Arkema maintient ses ambitions annuelles malgré la crise au Moyen-Orient
Le chimiste a enregistré une performance globalement supérieure aux attentes au premier trimestre et tente de s'adapter aux perturbations créées par la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran. -
Veolia confirme ses objectifs pour 2026
Le groupe de services collectifs affiche un Ebitda en hausse de 5,4 % à 1,77 milliard au 1er trimestre, une performance conforme aux attentes du consensus des analystes. -
Scor confirme ses objectifs annuels après un trimestre solide
Le réassureur a publié des résultats supérieurs aux attentes pour les trois premiers mois de l'année grâce à une bonne performance de l'assurance dommages. -
Larry Fink juge qu’il n’y a pas de bulle dans l’IA
Larry Fink, le directeur général de BlackRock, estime qu’il n’y a pas de bulle dans l’IA, rapporte le Financial Times. « C’est l’inverse. Nous faisons face à des pénuries d’offre ; la demande croît bien plus rapidement que quiconque ne l’avait anticipé », a-t-il déclaré mardi lors de la conférence annuelle Milken Institute à Beverly Hills. « Nous n’avons pas encore commencé à explorer les opportunités de l’IA à travers le monde. Il y a une immense question géopolitique quant à savoir qui accède à cette technologie », a-t-il poursuivi. Larry Fink prévient que le boom de l’IA va entraîner une économie en forme de K dans chaque secteur. « Il va y avoir un, deux ou trois gagnants... dans chaque industrie ; et de nombreuses entreprises plus petites vont être contraintes de fusionner ou de faire autre chose », a-t-il conclu. -
Natixis IM collecte 9 milliards d’euros au premier trimestre 2026
Elle recule par rapport à celle du quatrième trimestre 2025. Les encours sont aussi en retrait. -
Le régulateur européen dévoile les contours d’un nouveau modèle de reporting pour les fonds
Ce reporting unique et modulaire serait mis en œuvre au plus tôt au cours du premier semestre 2029.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
- Les gestionnaires d'actifs trouvent dans la clientèle retail un relais de croissance majeur
- Bertrand Prince rejoint Sunny AM
Contenu de nos partenaires
-
Droits de douane : face aux menaces de Trump, Macron appelle l’UE à activer son « bazooka commercial »
Emmanuel Macron a appelé l’Union européenne à recourir à son instrument anticoercition si Donald Trump relevait les droits de douane sur les voitures européennes. Bruxelles, de son côté, assure être prête « à tous les scénarios » -
Carburants : TotalEnergies menace d'arrêter son plafonnement en cas de taxe sur les « superprofits »
Paris - Pendant que le débat enfle sur l’opportunité de taxer les «superprofits» pétroliers liés à la guerre au Moyen-Orient, TotalEnergies prévient les politiques: en cas de taxes, il ne pourra «pas maintenir» son plafonnement du prix des carburants dans ses station-service françaises. Le PDG du groupe TotalEnergies Patrick Pouyanné, connu pour ses paroles directes, a fait cet avertissement mardi dans une interview donnée à Sud Ouest et à La République des Pyrénées. «En cas de surtaxe sur nos raffineries, qui sont par ailleurs souvent déficitaires, dans ce cas nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement [des prix] dans nos stations en France», a indiqué le patron, accusé par la gauche de profiter de la guerre. «TotalEnergies ne va pas non plus s’excuser de performer et de réussir dans son domaine (...) Il n’y a aucune honte, cela signifie que l’entreprise fonctionne bien», a souligné le dirigeant. Les bénéfices exceptionnels réalisés par TotalEnergies grâce à la flambée du prix des hydrocarbures dans le sillage de la guerre au Moyen-Orient ont relancé le débat politique sur l’opportunité d’une taxe spécifique, objet de propositions de loi à gauche, face à un gouvernement plutôt enclin à laisser le pétrolier «redistribuer» cet argent comme il l’entend. Le groupe a annoncé jeudi, au lendemain de ses résultats trimestriels, qu’il maintenait «le niveau des plafonnements en vigueur depuis le 8 avril (essence à 1,99 euro/L et gazole à 2,25 euros/L) (...) pour le mois de mai» dans ses 3.300 station-services, une initiative qu’il poursuivra «tant que la crise au Moyen-Orient durera». En place depuis février 2023, pour atténuer les prix élevés à la pompe en pleine crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, cette initiative leur avaient coûté «entre 400 et 500 millions de dollars» cette année-là. Mais le Premier ministre Sébastien Lecornu a aussi encouragé TotalEnergies à un plafonnement encore plus «généreux» des prix à la pompe», selon des déclarations rapportées par la Tribune Dimanche. «Est-ce qu’on demande à Total d’en faire plus? Oui», a déclaré mardi le Premier ministre Sébastien Lecornu lors des questions au gouvernement, tout en s’insurgeant contre «des mensonges et des contrevérités» qui circulent sur le groupe. «Total paye déjà des impôts», à hauteur de «2 milliards d’euros de prélèvements obligatoires» en France, a indiqué M. Lecornu, rappelant aussi que La France était le «seul» pays où TotalEnergies plafonnait ses prix. Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau avait quant à lui affirmé lundi que s’il fallait taxer les «surprofits» des groupes énergétiques, cette mesure devrait être ciblée et «temporaire». «Pas de pénurie» cet été TotalEnergies a annoncé le 29 avril de juteux bénéfices de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre (4,96 milliards d’euros), soit une hausse de 51% sur un an et un doublement par rapport au 4e trimestre 2025. En conséquence, le PDG a précisé qu’il était «fort probable» que son groupe soit éligible en 2026 à la surtaxe sur les grandes entreprises, en raison des marges exceptionnelles de son activité de raffinage depuis le début de la guerre. Cette contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, mise en place par le gouvernement en 2025 et reconduite pour l’année 2026, s’applique aux entreprises ayant un chiffre d’affaires d’au moins 1,5 milliard d’euros. Mais le groupe, qui empoche l’essentiel de ses bénéfices à l’international, n’y était pas soumis au titre de l’année 2025 car son activité de raffinage était déficitaire en France. Le PDG est aussi revenu sur ses propos très commentés de fin avril, y compris par Emmanuel Macron, sur une «ère de pénurie énergétique» si le blocage du détroit d’Ormuz par Téhéran durait encore «deux ou trois mois». «Je n’ai jamais parlé de pénurie en France parce que justement nous saurons l’approvisionner», a-t-il rectifié, interrogé sur une éventuelle crise d’approvisionnement estivale. «Il n’y aura pas de pénurie, mais cela aura un coût plus élevé», puisque «nous devrons acheminer des carburants en concurrence avec l’Asie vers la France, donc en payant plus cher», a-t-il tempéré. Selon le PDG, la consommation de carburants a reculé de 15% en France au mois d’avril. Nathalie ALONSO © Agence France-Presse -
Amazon annonce un investissement de plus de 15 milliards d’euros en France sur trois ans
Paris - Le géant américain de l’e-commerce Amazon a annoncé mardi investir plus de 15 milliards d’euros en France sur trois ans, avec à la clé la création de plus de 7.000 emplois en CDI, selon un communiqué de presse transmis à l’AFP. Ces montants seront injectés dans la construction de nouveaux sites logistiques, le développement des capacités de cloud et d’intelligence artificielle ainsi que la consolidation du réseau existant, a précisé Amazon. Cet investissement est «le plus gros» dans le pays "à date», souligne Amazon, qui rappelle que depuis 2010, l’entreprise a investi plus de 30 milliards d’euros en France. «Les créations d’emplois débuteront dès 2026, avec l’ouverture prochaine de trois centres de distribution», selon le logisticien: 1.000 CDI seront créés à Illiers-Combray (Eure-et-Loir), 1.000 également à Beauvais (Oise), et 3.000 autres à Colombier-Saugnieu (Rhône). Et fin 2027 sera lancé un centre de distribution à Ensisheim, dans le Haut-Rhin, entraînant la création de 2.000 CDI, indique Amazon. Ces investissements se traduiront «par des livraisons plus rapides, un choix plus large et des prix bas accessibles partout en France et une empreinte environnementale réduite grâce à un réseau logistique de proximité», a déclaré Jean-Baptiste Thomas, directeur général d’Amazon en France, cité dans le communiqué. Ils «bénéficieront directement aux territoires, avec plus de 7.000 emplois en CDI créés, et aux entreprises françaises qui s’appuient sur notre place de marché, nos technologies, et nos solutions cloud et d’IA pour se développer», s’est-il encore réjoui. Créé en 1994, Amazon mise depuis longtemps sur la France, le troisième pays à l’international où il s’est lancé en dehors des Etats-Unis, après l’Allemagne et le Royaume-Uni. © Agence France-Presse