Bankia doit affronter le casse-tête des participations préférentielles

La banque espagnole négocie avec Bruxelles une solution pour ses 92.000 clients qui ont acheté ce produit financier commercialisé en 2009
Isabelle Birambaux, à Madrid

Promettant un taux d’intérêt de 7%, les participations préférentielles que Bankia vendait à ses clients étaient devenues un produit alléchant. «Ce qu’on ne disait pas aux clients, c’est que le rendement de ces obligations dépendait des bénéfices de l’établissement et que ces titres étaient cotés en Bourse», souligne Vicente Lage, analyste de Cumbrich.

Selon le quotidien El País, Bankia aurait contacté cette semaine ses clients pour leur proposer de récupérer 80% de leur investissement et de l’échanger contre un dépôt à 4 ans à un taux de 1%. Selon Vicente Lage, une autre option négociée serait de les convertir en obligations à 5 ans.

De leur côté, les détenteurs de ces participations, chiffrés à plusieurs milliers dans toute la péninsule, luttent pour récupérer l’intégralité de ce qu’ils avaient investi dans un produit dont ils méconnaissaient les risques. «Bankia continue à jouer au chat et à la souris», souligne Adicae, l’association des clients de banques qui a lancé un appel à manifester devant le siège de Bankia le 23 juin prochain. «Cette offre bloquera les économies des victimes pendant au moins quatre ans et ne leur octroiera aucune liquidité», s’indigne l’association.

«C’est une arnaque», déclare Alfredo Rubalcaba, secrétaire général du parti socialiste, qui réclame un amendement de la réforme financière pour que ces participations se transforment en «dépôts à moins de trois ans» pour le même montant que l’acquisition réalisée. Pour Manuel Romera, directeur du secteur financier à l’IE Business School, il n’y a pas eu d’escroquerie puisque «l’autorité des marchés boursiers (CNMV) avait permis sa vente» mais il y a eu «une commercialisation excessive de ce produit à n’importe quel client». Pourtant la Banque d’Espagne et la CNMV avaient averti des risques et qualifié ce produit de «complexe» et «non indiqué pour la commercialisation en masse».

Les banques ont passé outre ces recommandations, croyant avoir trouvé le filon pour se refinancer et obtenir le capital nécessaire exigé par l’Autorité bancaire européenne (EBA). Caja Madrid, l’une des sept caisses fusionnées pour donner naissance à Bankia, avait ainsi réussi à capter en 2009 un total de 3 milliards d’euros pour renforcer ses ressources propres. Aujourd’hui, les épargnants se retrouvent floués car les préférentielles ont perdu presque 70% de leur valeur. De plus, elles n’ont pas été prises en compte par l’EBA pour compter au core capital car elles étaient illimitées dans le temps.

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