Bank of Ireland renforce ses fonds propres en rachetant des RMBS

L’opération a permis à l'établissement de dégager 350 millions d’euros de core tier one avant décembre comme exigé par la banque centrale
Solenn Poullennec

Pour conforter leurs fonds propres, les banques explorent toutes les possibilités de rachats de dette, voire de titrisations. Alors que Commerzbank, Santander, BNP Paribas et la Société Générale ont mené des opérations sur leur dette senior et hybride, Bank of Ireland (BoI) a racheté la semaine dernière pour 1,148 milliard d’euros de titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS) émis via Brunel et Kildare en offrant aux investisseurs entre 33 et 92% du pair.

L’opération a permis à la banque de générer près de 350 millions d’euros de capital core tier one. De quoi satisfaire aux exigences de la banque centrale irlandaise. En mars, celle-ci avait estimé que BoI devait trouver 4,2 milliards d’euros de capital de très bonne qualité pour le 31 décembre. Après avoir dégagé 3,85 milliards d’euros en imposant des pertes à ses créanciers juniors et via son augmentation de capital, la banque s’est retournée vers ses titrisations.

Pour convaincre les investisseurs, elle s’est targuée de leur offrir de la liquidité. Surtout, elle a déclaré qu’elle n’exercerait pas ses options de rachat anticipé en mars et avril 2012 et précisé que tout rachat futur se ferait «seulement sur des bases économiques». «La dégradation de Kildare Securities par Standard & Poor’s alors que l’offre était lancée a peut-être poussé les investisseurs à y souscrire», notent aussi les analystes de Bank of America Merill Lynch.

«L’offre de rachat était un succès du point de vue des investisseurs. L’originateur a payé au-dessus du prix minimum de rachat pour un certain nombre de tranches. Et nous considérions déjà ces niveaux comme généreux», écrit Jean-David Cirotteau, directeur de la recherche titrisation à la Société Générale.

Il n’est pas inhabituel que les banques rachètent leurs titrisations mais elles le font plutôt si elles craignent de ne pas pouvoir reprendre les titres au pair à la date contractuelle de rachat anticipé. C’est notamment ce qui a motivé l’opération de rachat par HSBC des tranches du CMBS Neumus Funding 1.

Bank of Ireland pourrait créer un précédent selon les analystes de RBS. «Nous ne serions pas surpris que les banques continuent d’explorer les solutions de rachats de leur titrisations comme un moyen supplémentaire d’atteindre les ratios de capital réglementaire, particulièrement pour l’échéance de la mi-2012», écrivent-ils.

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