Banco Popular va rajouter son nom à la liste des émetteurs de CoCos en 2014
Le marché des CoCos attire une foule croissante d’émetteurs bancaires européens. Banco Popular Espanol (BPE) a mandaté le Crédit Agricole, Deutsche Bank, Goldman Sachs, Morgan Stanley et UBS pour émettre entre 500 et 750 millions d’euros d’obligations contingentes convertibles au bout de cinq ans si son ratio de capitaux propres CET1 franchit le seuil de déclenchement («trigger») fixé à 7%, selon des sources concordantes.
L’opération, qui devrait sortir dès aujourd’hui, est assortie d’un «trigger» supérieur à celui de 5,125% fixé lors de la dernière émission réalisée par la banque espagnole en octobre dernier pour 500 millions d’euros. Ce CoCo cote 5,9% sur le marché secondaire, contre un rendement de 11,5% offert lors de l’émission. Le seuil de 7% offre aux investisseurs un coussin de sécurité de 367 pb par rapport au ratio CET1 de BPE, de 10,67% fin mars.
SG CIB estime que le marché des CoCos est actuellement sous-évalué à hauteur de 3%, et même de 7% en moyenne pour les nouvelles émissions. «Un signal qui s’explique par le besoin des banques d’améliorer leurs ratios de capitaux, ce qui les pousse à offrir des rendements attractifs pour attirer les investisseurs. La demande pour le haut rendement pourrait soutenir la performance de cette classe d’actifs dans le contexte actuel de faiblesse des taux et des niveaux de volatilité».
Le risque existe pourtant. Vendredi dernier, les CoCos émis par la banque danoise Oestjydsk Bank pour 50 millions de couronnes (6,7 millions d’euros) et détenus en totalité par Nykredit ont vu leur valeur dépréciée à zéro.
Dans une étude, RBS estime que Barclays, caractérisée par une faiblesse de ses ratios de capitaux et une volatilité élevée de ses résultats, est exposée à la fois à une forte probabilité de conversion de ses titres en actions si son ratio CET1 passe sous les 7%, mais aussi d’annulation des coupons. UniCredit et le Crédit Agricole ont quant à eux une forte probabilité d’annulation de leurs coupons, mais une faible probabilité de conversion de leurs titres, selon RBS.
A contrario, Deutsche Bank et la Société Générale ont une faible probabilité d’annulation, mais font face à un risque élevé de pertes importantes déclenchant des conversions. BBVA, Intesa, Lloyds, KBC et Santander sont les moins exposées à ces risques.
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