Bad bank espagnole : la grande braderie des actifs toxiques immobiliers
Le président du Fonds de restructuration bancaire (Frob), Fernando Restoy, a dévoilé lundi les importantes remises qui seront effectuées sur la valeur comptable des actifs que les établissements devront passer à la «bad bank» espagnole, la Sareb. Décotes comprises, ce seront 45 milliards d’euros d’actifs toxiques que devront transférer en moins d’un mois à la Sareb les quatre entités sous perfusion publique: Bankia, Catalunya Caixa, NovaCaixaGalicia et Banco de Valencia.
Des décotes d’une moyenne de 45,6% seront appliquées aux prêts transférés à la bad bank et de 63,1% pour les actifs immobiliers, a annoncé lundi Fernando Restoy. Les actifs fonciers considérés comme les plus toxiques, seront bradés de 79,5% tandis que les logements finis seront décotés de 32,4%.
Car le président du Frob, Fernando Restoy, a préféré rester vague sur les prix auxquels la bad bank rachetera ces actifs, soulignant que «le prix du transfert des actifs toxiques n’est pas le prix correspondant à la valeur de l’actif». Selon José Ignacio Atance, manager senior chez Cumbria, «il est difficile de contenter tout le monde car céder les actifs à risques à “des prix trop bas pourraient signifier des provisions additionnelles» mais un «prix trop élévé pourrait porter préjudice à la bad bank».
Fernando Restoy a cependant assuré que la Sareb sera une société rentable, qui selon lui, aura un rendement de fonds propres de l’ordre de 14 à 15% dans un «scénario conservateur», c’est à dire prudent. Cet argument est clé pour inciter les investisseurs privés à participer au capital de la Sareb, qui, selon Restoy, sera composé «d’une participation non majoritaire du Frob» et «d’une participation majoritaire d’investisseurs privés», «peu importe leur nationalité». Car l’objectif poursuivi par le régulateur espangnol est de «minimiser l’utilisation des fonds publics et les coûts pour le contribuable espagnol». José Ignacio Atance estime que des banques saines comme BBVA, Caixa ou Santander pourraient éventuellement rentrer dans la bad bank mais «il faut voir à quelles conditions».
Le régulateur espagnol a ainsi préféré miser sur la prudence et table sur des «résultats modestes dans les premières années de son fonctionnement», en vertu d’un business plan établi sur 15 ans, prenanten compte l’évolution macroéconomique de l’Espagne et de son marché immobilier.
La Sareb rachètera en premier lieu les actifs immobiliers «dont la valeur comptable est supérieure à 100.000 euros», puis les préts et les crédits aux promoteurs d’une valeur comptable de plus de 250.000 euros et enfin les participations dans les entreprises de promotion immobilière, c’est à dire les actions de contrôle «liées au secteur promoteur». En contrepartie, les établissements qui ont cédé ces actifs recevront des obligations garanties par l’état espagnol. Pour les établissements, qui n’auront pu lever des fonds pour se recapitaliser, ils devront procéder au transfert avant juin 2013, ce qui devrait élèver les actifs gérés par la Sarebà 60 milliards d’euros. Fernando Restoy a insisté que ceux-ci ne dépasseront «en aucun cas» les 90 milliards d’euros.
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