Axa Real Estate accroît sa force de frappe dans le financement commercial
Axa Real Estate s’impose comme une figure de plus en plus incontournable du financement commercial en Europe. La filiale d’Axa, qui vient de lever 1,4 milliard d’euros pour cette activité, entend porter ce montant à 2 milliards d’euros d’ici à la fin de l’année. Ceci porterait le programme de financement du gérant à 7 milliards d’euros, via des engagements réalisés par une vingtaine d’investisseurs.
«L’effet taille est un élément clé. Cela nous permet de nous positionner sur le marché secondaire, où des acteurs tels que les banques souhaitent se désengager de gros portefeuilles», explique Isabelle Scemama, responsable de l’activité de gestion de créances immobilières chez Axa Real Estate. La société a notamment repris en juin un portefeuille détenu par la Société Générale pour 800 millions d’euros.
Sur le marché primaire,«les financements de taille importante sont adossés à de gros actifs dont le profil est moins risqué. Notre taille critique nous permet d’accéder aux meilleures transactions», souligne par ailleurs Isabelle Scemama. Axa Real Estate investit dans des créances immobilières commerciales «seniors», principalement au Royaume-Uni, en France et en Allemagne.
Sur le premier semestre, la société a enregistré un rythme d’activité soutenu et déployé 1,3 milliard d’euros. Les transactions secondaires ont représenté 60% de ce montant, contre 40% pour les investissements primaires. «Nous anticipons une majorité d’opérations primaires sur le second semestre, de l’ordre de 60%», indique Isabelle Scemama.
«Les banques, confrontées à la réduction de la taille de leur bilan, se retirent de plus en plus du financement immobilier, ce qui conduit à un déséquilibre accru entre l’offre et la demande», relève Isabelle Scemama. Dans ce contexte, Axa Real Estate a porté son objectif d’investissement à 2,4 milliards d’euros sur l’ensemble de 2012, contre une cible de 2 milliards d’euros initialement fixée en début d’année.
«Nos investisseurs sont majoritairement des fonds de pension et des compagnies d’assurance, qui souhaitent diversifier leurs investissements obligataires. Dans un environnement où les obligations d’Etat se révèlent peu rémunératrices, le crédit immobilier offre un rendement intéressant, à savoir l’Euribor +200 à 600 points de base», souligne Isabelle Scemama.
Plus d'articles du même thème
-
Euronext profite en Bourse d'un bon début d'année
Le groupe a enregistré des résultats supérieurs aux attentes au premier trimestre. Son action rebondit de plus de 6% mercredi matin. -
Les Européens s'entendent pour finaliser l'accord commercial avec les Etats-Unis
Cet accord provisoire, qui doit être approuvé par le Parlement en juin, devrait permettre à l'Union européenne d'éviter de nouvelles mesures de rétorsion de la part de Donald Trump. -
Eurazeo prend une part majoritaire dans le groupe allemand de cybersécurité Nextron
Il s'agit du deuxième investissement de PME V et le cinquième hors de France pour l'équipe Elevate d'Eurazeo -
Des fonds de pension américains s'alarment de la gouvernance prévue pour l'introduction en Bourse de SpaceX
Trois grands investisseurs de long terme gérant plus de 1.000 milliards de dollars d'encours combinés ont interpellé les dirigeants de SpaceX sur la structure de gouvernance envisagée pour son introduction en Bourse, jugée la plus favorable au dirigeant jamais soumise aux marchés publics américains à cette échelle. -
L'UMR alloue 350 millions d'euros au « bien vieillir » sur quatre classes d'actifs
L'UMR, expert de l'épargne retraite du Groupe Vyv, déploie 350 millions d'euros entre 2025 et 2030 sur quatre classes d'actifs au titre d'une stratégie thématique dédiée au vieillissement. -
JP Morgan AM veut faire passer les investisseurs des ETF passifs aux ETF actifs dans l'obligataire
Lors de son Media Summit, JP Morgan AM a réaffirmé ses ambitions sur le segment des ETF obligataires actifs. La société de gestion américaine gère notamment 100 milliards de dollars d’encours sur ce segment.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
Contenu de nos partenaires
-
Donald Trump participera au sommet du G7 en France en juin
Donald Trump sera présent au sommet du G7, prévu du 15 au 17 juin à Evian, a indiqué un responsable de la Maison Blanche. L'atmosphère s'annonce chargée entre le président américain et certains dirigeants européens -
L’âge d’or de l’extrait
Longtemps réservé aux initiés, l'extrait de parfum s'impose comme l'un des formats les plus convoités du marché dit « de niche ». Derrière ce phénomène se tient une promesse olfactive, mais aussi une réalité économique. -
Edouard Philippe visé par une enquête pour des soupçons de détournement de fonds publics
Paris - Alors qu’il fourbit ses armes en vue de la présidentielle, Edouard Philippe fait désormais l’objet d’une enquête menée par un juge d’instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêt et concussion au Havre, ville dont il est maire. Une lanceuse d’alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile. Sollicité par l’AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d’instruction et de lui désigner un périmètre d’enquête. La lanceuse d’alerte, «Judith» (prénom modifié), «se félicite de l’ouverture d’une information judiciaire sur les faits qu’elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d’instruction», a réagi auprès de l’AFP son avocat Jérôme Karsenti. Les faits sont contestés depuis le début par l’ex-Premier ministre et actuel maire Horizons du Havre, dans les starting blocks pour la présidentielle. Edouard Philippe «prend acte de l’ouverture d’une information judiciaire. Il l’apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice comme il l’a toujours fait de façon très sereine», a réagi auprès de l’AFP son entourage dans la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole. Contacté par l’AFP, son avocat Emmanuel Marsigny n’a pas souhaité faire de commentaire. Contrat pas renouvelé Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l’innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise. La plainte consultée par l’AFP estimait que le juge d’instruction devait «apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique», un tiers-lieu d’innovation. Après ses alertes, la haute fonctionnaire s'était plainte d’avoir été écartée et harcelée moralement. Son contrat n’a pas été renouvelé. Les soupçons portent sur une convention d’objectifs pluriannuelle pour l’animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l’association LH French Tech. LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d’intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d’un service d’intérêt économique général (SIEG). L’association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d’euros de compensation de service public pour mener des projets. Le conflit d’intérêts «semble absolument évident», a considéré à l'époque la lanceuse d’alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023. «Opacité» «C’est le maire et son adjointe» qui, en tant que présidente de l’association, allaient «avoir la main sur des sommes considérables» pour «des activités qui peuvent concerner ses fonctions à la ville», soulignait-elle. Sur le moment, elle s'était étonnée qu’Edouard Philippe, conseiller d’Etat, n’ait pas suspecté d’irrégularités. Elle assure avoir découvert plus tard que les services juridiques avaient alerté en vain sur un possible favoritisme. Cette haute fonctionnaire avait obtenu le statut de lanceuse d’alerte en janvier 2025, contesté par Edouard Philippe. A la communauté urbaine, la Cité numérique fut «tout de suite» désignée à la lanceuse d’alerte «comme un dossier principal», relatait-elle. Mais «dès les premiers mois», elle a constaté «une opacité dans la gestion de l’association» et ne comprenait pas son activité. Elle racontait qu’on lui avait fourni «des réponses très vagues sur les dépenses, la trajectoire financière», lui reprochant «des velléités d’ingérence». Fin 2021, obtenant finalement des chiffres, elle affirmait découvrir le «très faible niveau d’activité» de la Cité numérique mais surtout «la masse salariale» composée «de jeunes salariés» qui faisaient «un peu tout» pour «des salaires bruts au-delà de 60 voire 70.000" euros. L’association sera placée en liquidation judiciaire en 2023. Philippe GRELARD et Céline CORNU © Agence France-Presse