Avec TMX, le London Stock Exchange prend une dimension transatlantique
C’est finalement vers le Canada que le London Stock Exchange s’est tourné pour participer à la consolidation du secteur des opérateurs boursiers. Après Nyse Euronext et Nasdaq OMX, un nouvel opérateur transatlatique pourrait voir le jour avec le rapprochement du LSE et de TMX, la Bourse de Toronto. «Les banques et les asset managers présents à l’échelle mondiale souhaitent simplifier le passage des ordres et réduire leurs coûts. Au lieu de devoir être membres de plusieurs Bourses, ils préféreraient se connecter à une seule bourse pour passer l’ensemble de leurs ordres. Ils sont aussi à la recherche d’un service intégré de l’exécution au clearing», explique Pablo Garmon, Europe business development manager chez Tag Audit.
Le LSE et TMX sont tous deux fortement concurrencés par les plates-formes alternatives de trading. Ils n’affichent plus qu’une part de marché d’environ 50% et 60% respectivement.
Dans ce contexte, et avant même l’annonce des discussions hier entre Nyse-Euronext et Deutsche Börse, l’opération entre le LSE et TMX a un sens au niveau industriel. Il faudra toutefois convaincre de son bien-fondé les autorités canadiennes qui ont empêché, il y a quelques mois, la reprise du canadien Potash par l’australien BHP Billiton. «La reprise d’un opérateur boursier par un acteur étranger est souvent perçue en première analyse comme une perte de souveraineté, explique Gaspard Bonin, directeur associé chez Equinox Consulting. L’opération risque donc de faire débat au Canada, à l’image de celui suscité en 2007 en France lors de l’acquisition d’Euronext par Nyse». Du coup, LSE et TMX ont déjà indiqué où se situeraient leurs différents «centres d’excellence»: les cotations et les services aux émetteurs à Toronto, le marché des dérivés à Montréal, les activités liées à l’énergie à Calgary, les cotations de groupes internationaux et la responsabilité des solutions technologiques à Londres et, à Milan, le trading taux et actions et le post-trade pour l’Europe.
Sur le plan technique, les deux groupes vont pouvoir réduire leurs coûts en utilisant les mêmes outils. Pour le marché cash, ils pourraient adopter le système Millenium sur lequel le LSE s’apprête à migrer son marché principal le 14 février prochain après plusieurs reports. Pour le marché des dérivés, ils se baseront sur la technologie SOLA qu’ils ont développée conjointement depuis 2009.
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