«Avec l’accélération de la croissance, les perspectives 2015 devraient être revues en hausse»
Matthieu Grouès, associé-gérant, responsable des gestions chez Lazard Frères
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Bruno de Roulhac
- L’Agefi: Pourquoi conservez-vous les mêmes objectifs ambitieux sur les marchés européens depuis juillet 2014 ?
- Matthieu Grouès: La deuxième partie de l’année a été marquée par plusieurs corrections liées à la crise russe, aux inquiétudes sur la croissance et à la baisse du prix du pétrole. Cette dernière évolution, si elle crée de la volatilité pour les marchés, est une excellente nouvelle pour l’économie mondiale. Le levier opérationnel des entreprises étant élevé dans la zone euro, leurs résultats devraient pleinement bénéficier de cette croissance. A l’inverse des Etats-Unis, les valorisations sont toujours raisonnables. La baisse de l’euro rend les exportations de la zone euro plus compétitives, ce qui soutient l’activité, et permet des gains comptables sur les résultats réalisés à l’étranger. Cette baisse est intervenue plus tard que ce que nous attendions : les effets positifs joueront donc à plein sur 2015 et non sur 2014.
- Ne craignez-vous pas des déceptions sur les perspectives 2015 lors de la publication des résultats 2014 ?
- Les attentes de croissance des résultats étaient très élevées au début de l’année 2014, proche de 20%. Au final, la progression 2014 devrait être de l’ordre de 7%, honorable compte tenu d’un contexte économique qui s’est révélé médiocre. Nous pensons qu’avec l’accélération de la croissance à venir, les perspectives 2015 devraient être revues en hausse. Si l’on corrige de l’impact de l’amende de BNP, les prévisions actuelles tablent sur une progression d’environ 12% des résultats. Lorsqu’on sait qu’une baisse de 10% de l’euro peut gonfler les bénéfices de 6 à 12% selon les estimations, il nous semble au contraire possible d’avoir des surprises à la hausse.
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