Avant Bruxelles, le gouvernement affronte le Parlement sur sa crédibilité financière
L’incertitude demeure sur l’issue du vote consultatif demain à l’assemblée concernant le programme de stabilité devant être présenté à la Commission européenne
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Benoît Menou
Les députés sont appelés à se prononcer demain sur le programme de stabilité concocté par le gouvernement et devant être présenté à la Commission européenne pour ramener le déficit public du pays à 3% du PIB en 2015 et financer les baisses de charges promises aux entreprises. Le vote est certes consultatif mais une issue négative représenterait un sérieux revers pour le gouvernement. Et l’incertitude demeure, plusieurs dizaines de députés socialistes menaçant de voter contre ce plan d'économies de 50 milliards d’euros.
Ce week-end, les arguments ont fusé. Vingt députés socialistes ont publié dans le Journal du dimanche une tribune intitulée «Courage, avançons !» destinée à convaincre les récalcitrants à approuver le programme. «Aujourd’hui, la France ne peut plus reculer davantage sans remettre en question les fondements même de sa souveraineté et sans hypothéquer durablement sa croissance», clament les signataires, qui ajoutent: «nous voterons mardi le programme de stabilité parce qu’il engage notre souveraineté financière, notre crédibilité politique et notre responsabilité collective». Les opposants au programme stipulent de leur côté que le rythme de réduction des déficits est trop rapide, que l’on peut se contenter de 35 milliards d'économies et que les engagements patronaux en échange d’une baisse des charges sont insuffisantes pour doper l’emploi.
Vendredi, le Premier ministre Manuel Valls avait déjà dans ce contexte promis une «mesure forte» en faveur des petites retraites et des ménages modestes en juin prochain pour compenser le gel des prestations sociales jusqu’en octobre 2015. Il s’est dit ouvert à des négociations sur le «dégel» du point d’indice des fonctionnaires si la croissance revient. Selon Les Echos, Manuel Valls est prêt à revenir sur le gel des petites retraites jusqu'à un montant compris entre 1.000 et 1.200 euros par mois, ce qui coûterait quelque 300 millions d’euros par an. Une annonce qui devrait être formalisée aujourd’hui à l’occasion d’une rencontre entre le Premier ministre et des élus du Parti socialiste avant une réunion du bureau national du parti qui adoptera dans la soirée une position «solennelle» sur le vote. «Il faut savoir terminer une fronde», a plaidé hier sur Radio J le premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis. Le gouvernement devrait en outre bénéficier de l’abstention d’une partie des députés de droite.
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