Austérité et réforme du marché du travail seront les priorités de la droite espagnole
Donné grand vainqueur des élections de dimanche, le parti populaire prévoit aussi des mécanismes de soutien aux PME et à l’immobilier
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Isabelle Birambaux, à Madrid
Cristobal Montoro, l’expert en matière économique du Partido Popular, le parti conservateur espagnol, en est certain: la prime de risque espagnole s’affichera à la baisse au lendemain des élections générales du 20 novembre. Selon lui,la victoire de son parti suffira pour restaurer la confiance «au sein et à l’extérieur du pays». Cristobal Montoro, cité parmi les possibles candidats au poste de futur ministre de l’Economie, ne doute à aucun moment que les conservateurs remporteront les élections avec une majorité absolue, comme le prédisent les sondages.
L’équation est simple: un gouvernement fort, qui mettra en place des réformes de nature fiscale, bancaire et du marché du travail, sera synonyme de confiance. Bien que la droite espagnole n’ait pas encore dévoilé tous les détails de son programme, le PP s’est engagé à ce que le nouveau gouvernement adopte pendant les cent premiers jours les mesures nécessaires pour réactiver une économie qui ne devrait enregister en 2011 qu’une croissance de 0,8%, a reconnu hier le secrétaire d’Etat à l’économie, José Manuel Campa, au lieu de la prévision officiellede 1,3%.
La droite a prévenu qu’elle appliquerait «une politique d’austérité et de contrôle des dépenses publiques». Pour Juan Carlos Martinez Lazaro, économiste à l’IE Business School, la deuxième grande priorité du PP sera «la réforme du marché du travail», visant à réviser les conventions collectives et simplifier les contrats, «pour plus de flexibilité».
Renouant avec sa politique traditionnelle, le leader conservateur Mariano Rajoy a annoncé l’instauration de mécanismes de soutien aux PME et aux travailleurs autonomes, ainsi que des mesures fiscales incitant à la création d’entreprises ou favorisant l’achat de logements.
Valentin Pich, du Conseil Général des Economistes prévoit que le PP, mènera une politique «très orthodoxe: en matière énergétique, la droite prévoit de transférer aux consommateurs les coûts directs de n’importe quelle source d’énergie». De grands changements seront opérés dans ce secteur puisque le PP compte prolonger la vie des centrales nucléaires alors que le parti socialiste en prévoyait leur fermeture, et diminuera les aides aux énergies renouvelables. Qui serait chargé de mettre en place ces mesures ? Le secret reste entier malgré les rumeurs qui circulent sur certains candidats.
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