«Au regard de l’environnement économique et politique, une poche obligataire large s’impose»
Hervé Goulletquer, stratégiste à La Banque Postale Asset Management
Publié le
Bruno de Roulhac
-L’Agefi: Pourquoi ne pas sous-pondérer l’obligataire ?
-Hervé Goulletquer: Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, un environnement économique et politique international dont on ne peut pas dire que la lisibilité s’améliore rapidement. A ce titre, une poche obligataire large s’impose. Ensuite, la remontée des taux longs (titres d’Etat) paraît inévitable aux Etats-Unis. Mais la faible inflation devrait permettre à la Réserve fédérale d’agir avec mesure (une première hausse du taux des fonds fédéraux plus tardive que généralement anticipé ?), ce qui limitera, au moins dans un premier temps, cette hausse attendue des taux longs. Autre argument avancé, en zone euro, la BCE paraît prête à «tout mettre en œuvre» pour empêcher une contamination en provenance des Etats-Unis ; le maintien des taux européens à un bas niveau (plus bas dans certains pays ?) reste un impératif. Enfin, par rapport aux rendements proposés par les titres souverains des pays-cœur, il y a encore un surcroît de valeur à extraire des obligations d’Etat «périphériques» et du «crédit».
- Quels placements actions privilégiez-vous?
- Malgré des perspectives économiques meilleures aux Etats-Unis qu’en zone euro, la préférence devrait être donné aux actions de cette deuxième région ; avant tout pour des raisons de valorisation, mais aussi de baisse de l’euro. Nous privilégions sur le marché européen la «normalisation» du secteur financier, une reprise graduelle de l’investissement productif dans le monde, les entreprises dont les ventes sont largement exposées à la zone dollar et celles offrant des rendements élevés. Sur les marchés émergents, l’Asie, avant tout la Chine, est à mettre en avant.
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Lundi 1er juin, Bruxelles a trouvé un accord sur la création de centres de rétention en dehors de l'Europe pour y renvoyer les migrants en situation irrégulière