Athènes tire parti d’une confiance grandissante pour presser le pas vers le marché
Il ne semblait plus manquer vendredi qu’un ingrédient pour permettre à la Grèce d’opérer un retour tant espéré sur le marché de la dette souveraine à long terme, après quatre ans de purgatoire. Alors que les ministres des Finances de la zone euro ont approuvé lundi dernier le déblocage de l’ultime tranche d’aide au pays, Moody’s devait actualiser sa notation, au lendemain de la publication d’un rapport encourageant. L’agence y a finalement renoncé, soulignant que le calendrier de révision n’est qu’indicatif. Et alors que le rapport de Moody’s saluait les dernières réformes engagées et la confiance des partenaires internationaux, il mettait en lumière le risque politique d’élections parlementaires anticipées. Les observateurs tablaient sur un relèvement de deux crans de la note du pays, de Caa3 à Caa1, assortie d’une perspective stable.
Mais Athènes pourrait tout de même tirer parti de la confiance grandissante du marché, matérialisée la semaine passée par un repli de 42 points de base du rendement des obligations grecques à 10 ans, à 6,028%. La détente atteint près de 2 points (197 pb) sur 3 mois, alors que le taux a culminé fin février 2012 à plus de 30%. Surtout, IFR indiquait jeudi qu’Athènes a bien donné mandat à un groupe de banques pour mener à bien une émission, en l’occurrence Deutsche Bank, Bank of America Merrill Lynch, JPMorgan et Goldman Sachs (une liste dont la composition pouvait encore évoluer).
RBS, qui n’excluait pas même un relèvement par Moody’s de trois crans à B3 (soit 6 crans en deçà de la catégorie investisseurs, en ligne avec les autres principales agences), misait parmi d’autres sur une émission à 5 ans dès cette semaine pour un montant compris entre 2 et 3 milliards d’euros. Mardi, le Premier ministre grec Antonis Samaras, fier d’annoncer que son pays était «de retour», n’excluait pas une émission «d’ici la fin du premier semestre 2014», en fonction des conditions de marché. Pour sa part, le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, s’est permis de tabler sur d’autres émissions à long terme cette année, toujours en fonction des conditions de marché.
La Grèce n’a pourtant pas encore achevé son chemin de croix, avec un taux de chômage de 27,5% et une dette s’élevant à 176% du PIB contre 130% en 2009. Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schaüble, n’en a pas moins mis en avant le «respect» dû au peuple grec pour les efforts consentis, qui placent le pays sur la bonne voie.
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