Athènes envoie une nouvelle liste de réformes à ses partenaires européens
Le gouvernement grec a envoyé hier soir une nouvelle liste de réformes de 26 pages à ses partenaires de la zone euro. Il en attend entre 5 et 6,5 milliards d’euros de gains nets dès cette année, dont jusqu'à 875 millions liés à l’audit des comptes bancaires offshores détenus par des Grecs. Les blocages restent néanmoins multiples: sur la réforme des retraites et du marché du travail ainsi que sur le rythme des privatisations.
Athènes prévoit de dégager 1,5 milliard de la location à long terme de 14 aéroports régionaux et de la vente de sa participation de 67% dans l’Autorité portuaire du Pirée qui gère le port.
Malgré des déclarations indiquant que la Grèce privilégiera le paiement des salaires et retraites publics, le gouvernement a confirmé hier qu’il procédera bien au remboursement de son échéance au FMI de 460 millions d’euros prévue jeudi prochain. Le pays doit néanmoins également rembourser 2,4 milliards d’euros supplémentaires entre le 14 et le 17 avril. Or, RBS estime que «la Grèce est confrontée à un déficit de trésorerie de 3,9 milliards d’euros en avril, qui variera en fonction du montant d’impôts collectés sur le mois et du montant que le gouvernement sera capable de trouver dans les organes non étatiques».
Outre le paiement de 1,7 milliard d’euros de salaires et retraites du secteur public d’ici à la fin du mois, Athènes doit également faire face à deux échéances de billets de trésorerie, de 1,8 milliard le 8 mai et de 779 millions auprès du FMI le 12 mai, mais surtout à 10,2 milliards de tombées d’ici à la fin de l'été prochain. Le pays espère trouver un accord avec ses créanciers sur la liste de réformes proposées vendredi dernier qui entraînerait le déblocage progressif de la tranche d’aide de 7,2 milliards d’euros, et des 1,9 milliards de recettes dégagées par la BCE sur les titres grecs de son programme SMP.
«La mauvaise nouvelle est néanmoins qu’un troisième plan de sauvetage permettra d’acheter du temps mais ne résoudra pas les problèmes de la Grèce. L’argument consistant à dire que si le coût de refinancement est abaissé à zéro la dette devient soutenable sous-entend une situation démographique et politique stable, ce qui n’est pas le cas en Grèce», ajoute RBS.
La contraction du PIB de 0,4% au dernier trimestre 2014, et des recettes fiscales inférieures de 11% à leurs prévisions en janvier et février, jettent en outre un voile sur l’objectif de retour à un excédent primaire cette année.
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