Après Bear Stearns, le marché s’inquiète pour les banques européennes
UBS, Credit Suisse, Deutsche Bank ou Royal Bank of Scotland figurent, de par leur profil d’activité, parmi les établissements les plus exposés
Publié le
Virginie Deneuville
Le sauvetage de la banque américaine Bear Stearns par sa compatriote JPMorgan Chase a jeté un froid sur le secteur financier européen, comme en témoigne l’évolution des indices boursiers. L’indice DJ Stoxx 600 du secteur bancaire a ainsi plongé de 6,1 % lundi, des valeurs comme Société Générale et BNP Paribas ayant chuté de 8,4 et 4,7 %. Côté crédit, les CDS des banques se sont nettement écartés (lire en page 3). Ceux d’UBS ont notamment grimpé jusqu'à 235 pb (+25 pb).
«Bear Stearns a montré que les banques étaient vulnérables et que tout peut se passer très rapidement. La question est de savoir quelles sont les autres banques fragilisées. Les banques européennes peuvent être affectées, notamment celles présentant un profil monoproduit et ayant une forte exposition aux activités de titrisation aux Etats-Unis», relève un analyste. «Les banques les moins en risque sont les banques universelles présentant une activité très variée et une base de financement qui inclut la banque de détail», renchérit un autre spécialiste.
Si tout établissement bancaire est susceptible d’être confronté à un «accident», certains apparaissent en effet plus fragilisés que d’autres. «Les banques espagnoles, telles que BBVA ou Santander, et italiennes apparaissent plus épargnées. Les banques suisses, britanniques, allemandes et françaises, qui présentent de plus importantes activités de marché, sont plus fragilisées», estime un analyste. Et ce dernier de citer la banque helvétique UBS (-13,8 %), fortement exposée aux marchés subprime, ainsi que Credit Suisse (-7,4 % lundi), Deutsche Bank (-5,5 %) ou Royal Bank of Scotland (-8,7 %), trois établissements marqués par leur importante activité en leverage finance. «Il ne faudrait pas qu’un important LBO explose en vol», prévient-il, mettant en lumière un marché qui «ne fonctionne pas sur un mode rationnel».
Peu d'établissements peuvent en outre faire office de sauveur, estime le bureau d’études CreditSight. «Il existe un grand nombre de banques en difficulté et seulement une poignée de banques américaines solides(…). Il y a également des possibilités quant à un acquéreur étranger», relève le bureau d’analyses, citant HSBC, Barclays et également Royal Bank of Scotland. «Mais (ces banques) présentent également des difficultés internes à des degrés divers ainsi que des limitations sur les capitaux pouvant être apportés», souligne-t-il.
NatWest et Santander ont émis des obligations subordonnées Additional Tier 1 (AT1) remboursables par anticipation seulement après 10 ans, au lieu des 5 ans habituels. Pour les banques, cela repousse les échéances de leur refinancement. Pour les investisseurs, les risques de dépréciation et de non-remboursement à date de «call» augmentent.
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