Amundi démarre une activité de gestion de prêts aux entreprises
Amundi surfe sur le mouvement de désintermédiation bancaire qui démarre en Europe pour les grosses PME. Le gestionnaire d’actifs vient de mettre en place une nouvelle activité de gestion de créances. Une stratégie qui se traduit par le lancement d’un premier fonds de loans. Ce dernier financera des entreprises françaises et européennes dont le chiffre d’affaires dépasse les 500 millions d’euros.
«Il existe aujourd’hui une vraie conjonction d’intérêt entre des entreprises en quête de financement, des investisseurs institutionnels qui ont des capitaux à investir, des gérants qui peuvent faire valoir leur expertise, et des banques qui sont au cœur du dispositif», souligne Eric Brard, responsable mondial de la gestion taux chez Amundi. En moyenne, le marché des prêts aux entreprises non cotées et non notées procurerait un supplément de rendement de 100 à 120 points de base par rapport à l’obligataire public, estime le gérant.
Le fonds va au-delà des partenariats bilatéraux qui ont pu être signés en 2012 entre des banques et des assureurs, comme par exemple Axa avec le Crédit Agricole et la Société Générale, les deux actionnaires d’Amundi. «L’idée est de faire un ou des fonds multi-investisseurs et multi-originateurs, précise Eric Brard. L’origination des prêts ne sera pas concentrée uniquement sur les banques du groupe». Amundi s’appuie sur une équipe de deux gérants dédiés, que dirige Julien Paycha, un ancien des prêts syndiqués chez Calyon qui officiait depuis 2008 chez General Electric.
Le système repose sur un fonds commun de titrisation de droit français, Amundi Loans Fund, qui achètera les prêts bancaires. Les investisseurs peuvent souscrire en direct ou par le biais d’une société de titrisation de droit luxembourgeois, format privilégié par les assureurs. Cette dernière a émis une première tranche de 475 millions d’euros à 8 ans, comme l’a révélé Bfinance. Une deuxième tranche pourrait être émise fin février ou début mars. Amundi ne communique pas d’objectif pour son fonds, mais celui-ci pourrait atteindre le milliard d’euros.
Il ne s’agit que d’une première étape. «Après les midcaps, d’autres classes d’actifs comme l’immobilier ou les infrastructures pourraient faire l’objet d’une telle offre en 2013», indique Eric Brard.
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