Allianz prépare la Dresdner à la consolidation à venir en Allemagne
La décision de l’assureur Allianz de séparer en deux les activités de banque de détail et de banque d’investissement de sa filiale Dresdner Bank a ravivé les spéculations sur la consolidation à venir de la finance allemande.
Parmi les scénarios actuellement en discussion figure notamment la vente de la banque d’affaires Dresdner Kleinwort, plombé par la crise des crédits subprimes qui lui a valu une perte l’an dernier de 659 millions d’euros. L’autre scénario possible serait un renforcement du groupe dans la banque de détail, en prenant le contrôle de Postbank, la banque postale allemande, dont son actionnaire principal, Deutsche Post, veut s’en défaire. En intégrant Postbank, fort de 15 millions de clients et de quelque 7500 guichets, Allianz obtiendrait d’un coup un formidable vecteur pour la vente de ses produits d’assurances. Mais l’affaire est loin d’être conclue car parmi les prétendants au rachat de Postbank figurent également Deutsche Bank et Commerzbank.
Tout en saluant la décision de scinder Dresdner Bank en deux, les analystes, s’affichent également sceptiques sur la volonté réelle du groupe de maintenir en l’état son modèle actuel de bancassurance. «Les échecs à répétition de Dresdner Bank ont démontré l’incapacité de la direction d’Allianz d’intégrer une activité bancaire parallèlement à celles de l’assurance et de la gestion d’actifs» estime Konrad Becker, analyste chez Merck Finck. Une vente de la banque de détail de Dresdner Bank figure donc également parmi les scénarios envisageables. Elle serait d’ailleurs autrement plus facile à réaliser que la cession de la branche d’affaires. «Etant donné la saturation du marché il ne sera pas facile de se défaire de Dresdner Kleinwort» estime Robert Mazzuoli de la banque LBBW. Reste que le patron d’Allianz, Michael Diekmann, est soumis à la pression accrue de ses actionnaires. Ils lui demandent de régler une fois pour toute le problème Dresdner qui empêche selon eux le cours d’Allianz de grimper. A 112 euros l’action est en effet très loin de l’objectif des 200 euros fixé par Diekmann. Certains vont jusqu’à comparer la situation actuelle d’Allianz à celle de Daimler avant la vente de sa filiale Chrysler. «Le jour où le groupe se sera délesté de Dresdner Bank, son cours en Bourse va monter en flèche» estime Dieter Hein de Fairesearch. Déjà à l’annonce de la décision de vendredi, l’action gagnait jusqu’à 2%.
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