Allianz Global Investors va élargir sa gestion de dette d’entreprises en France
Deuxième centre d’expertise d’Allianz Global Investors (GI), Paris sera bientôt «pilote en Europe» dans la gestion de créances d’entreprises. «Nous n’avons pas encore de licence sur les corporate loans mais espérons l’obtenir au troisième trimestre», a annoncé hier Franck Dixmier, responsable européen du fixed income et patron France d’Allianz GI, à l’occasion d’une conférence de presse. Le gestionnaire opérera pour le compte propre d’Allianz France, filiale de l’assureur allemand du même nom.
Arrivés fin 2013 d’Oddo CF et AlixPartners, le gérant et l’analyste dédiés à la dette d’entreprises ont déjà réalisé trois premiers placements privés. Dans ce domaine, «nous sommes déçus par le manque d’activité en 2013 par rapport à 2012», pointe toutefois Franck Dixmier. Allianz GI veut néanmoins tirer profit, comme ses concurrents, de la désintermédiation croissante du financement de l’économie européenne qui offre des rendements plus attractifs que les taux d’Etat. Axa a par exemple noué, dès 2012, un partenariat avec Société Générale CIB et Crédit Agricole CIB dans la dette privée, mais reste peu bavard sur l’ampleur des opérations réalisées. Chez Allianz GI, «nous n’avons pas besoin de coopérer avec des banques», affirme James D. Dilworth, patron pour l’Europe.
Allianz GI, qui compte six gérants et huit analystes crédit à Paris, s’est aussi positionné sur la dette d’infrastructures. A fin 2013, il affiche 2 milliards d’euros d’engagements dans la zone euro (dont 1 milliard en PPP) supervisés depuis Londres, Francfort et Paris. Autre innovation, la dette émergente avec un milliard d’actifs gérés à Londres et New York. Ces nouvelles expertises sont ouvertes aux clients tiers, qui pèsent 62% des 345 milliards d’euros d’encours d’Allianz GI à fin 2013. En France en revanche, deux tiers des 91 milliards d’actifs sont encore gérés pour le compte du groupe. La structure parisienne a bénéficié l’an dernier de l’apport de 8 milliards d’euros d’encours maison : 3 milliards de fonds obligataires dont les gérants italiens ont déménagé à Paris, et 5 milliards de fonds gérés par Pimco pour le compte d’Allianz GI.
Sous les projecteurs pour sa décollecte et ses problèmes de gouvernance, Pimco reste la principale entité de gestion de l’assureur allemand. De son côté, Allianz GI poursuit sa rationalisation: en fin d’année, son entité française deviendra une succursale d’Allianz GI Europe. Elle comptera alors 81 gérants et analystes, 20 de plus qu’à fin 2011.
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