Alliance Trust se défend avec vigueur face aux critiques d’Elliott
Le ton n’en finit pas de monter entre le gestionnaire d’actifs Alliance Trust et son premier actionnaire Elliott. Le fonds activiste américain, qui détient 12% du capital et 9,9% des droits de vote, reproche depuis plusieurs semaines à la direction d’Alliance Trust de ne pas jouer franc jeu sur ses coûts et de se montrer trop timoré sur le dividende. Dans un courrier diffusé jeudi, le gérant de Dundee rejette ces accusations. «Nous estimons que la société apporte un haut niveau de transparence sur sa base de coûts et réfutons les allégations d’Elliott selon lesquelles le coût réel pour les actionnaires est plus élevé qu’annoncé», souligne Alliance Trust.
Le gérant britannique précise avoir comptabilisé des charges exceptionnelles l’an dernier, relatives notamment au référendum sur l’indépendance écossaise et à des suppressions de postes. Son ratio de charges récurrentes est passé de 0,75% en 2013 à 0,60% l’an dernier. Elliott juge que cet indicateur est «faussé» dans la mesure où il ne comprend pas «le coût de certaines formes de rémunération...et exclut des coûts qui sont réaffectés par le groupe à ses filiales déficitaires». Celui-ci est «audité et calculé conformément aux directives de l’Association des sociétés d’investissement, ce qui garantit la comparabilité au niveau du secteur», maintient le groupe. Sur la question du dividende, Alliance Trust, qui gère 3,6 milliards de livres (5,1 milliards d’euros) d’actifs, rétorque que son historique de hausses du dividende sur 48 ans est «quasiment inégalé au sein de l’indice FTSE au Royaume-Uni».
La société appelle une nouvelle fois à voter contre la proposition d’Elliott de nommer trois nouveaux administrateurs non exécutifs. Elle préfère s’en tenir à son calendrier. «Le conseil d’administration a l’intention de lancer la recherche d’un administrateur indépendant non exécutif supplémentaire au cours de l'été et serait heureux d'étudier les candidatures poussées par un actionnaire, à condition qu’elles soient soumises aux mêmes procédures de sélection rigoureuses et robustes que la société emploie toujours», explique Alliance Trust.
Dans son combat, Elliott Management a néanmois reçu le soutien d’un ancien administrateur d’Alliance Trust, Tim Ingram. Ce dernier a l’intention de voter en faveur de la résolution du fonds alternatif lors de l’AG du 29 avril, évoquant les «mauvaises» performances du gérant.
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