Alexis Tsipras tente un nouveau coup de poker
Le Premier ministre grec est déroutant. Alexis Tsipras a écrit à ses créanciers internationaux dans une lettre datée du 30 juin, mais parvenue après la fin d’une réunion téléphonique de l’Eurogroupe mardi soir, pour leur dire que la Grèce était susceptible d’accepter leur offre de renflouement publiée le dimanche 28 juin, sous réserve que plusieurs modifications y soit apportées. En échange, il demande une extension du programme d’aide de la Facilité européenne de stabilité financière (FESF), arrivée à échéance hier soir, et un nouveau programme de la part du Mécanisme européen de stabilité (MES).
Dans ce courrier, publié par le FT, Alexis Tsipras demande notamment le maintien d’un taux de TVA plus bas pour les îles grecques et un délai pour la suppression de l’allocation de solidarité aux retraités les plus modestes. Les ministres des Finances de la zone euro doivent discuter de la demande grecque lors d’une téléconférence repoussée à 17h30 heure de Paris. Ce nouveau revirement, dont la sincérité des intentions reste à prouver, a été accueilli fraîchement à Berlin. «Nous attendons maintenant le référendum [du 5 juillet]. Avant le référendum, aucune discussion supplémentaire sur un programme d’aide ne peut avoir lieu», a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel.
Le dirigeant a toutefois indiqué un peu plus tard dans une intervention télévisée qu’il maintenait le référendum du 5 juillet et continuait à appeler les électeurs à voter «non» aux propositions des créanciers.
Le FESF a pour sa part pris acte du non-paiement des 1,5 milliard dus par Athènes au FMI le 30 juin. «Cela constitue un événement de défaut pour certains prêts du FESF», indique un communiqué. Klaus Regling, directeur général du fonds, a informé aujourd’hui son conseil et le président de l’Eurogroupe afin de prendre une décision. Trois choix sont possibles pour le FESF: demander le remboursement immédiat des sommes qui lui sont dues par la Grèce, renoncer à ses droits (waiver of rights) pour ce cas précis, ou se réserver la possibilité d’agir plus tard (reservation of rights). De sources européennes, c’est cette troisième solution qui devrait être choisie, pour laisser le temps au référendum grec du 5 juillet de se dérouler.
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