ABC Arbitrage fait le grand écart entre faible volatilité et pics de stress

Alors qu’il visait 25 millions d’euros, le gérant alternatif a dû batailler l’an dernier pour faire progresser son profit de 17%, à 18,8 millions.
Julien Beauvieux

Dominique Ceolin n’a pas manqué de saluer le travail de ses équipes lors de la présentation des résultats d’ABC Arbitrage. Malgré un résultat net de 18,8 millions d’euros (+17% hors impact des écarts de valorisation IFRS) sensiblement inférieur à la cible de 25 millions du plan Ambition 2016, le PDG du gérant alternatif a estimé que «[ses] collaborateurs ont fait un travail excellent lors d’un exercice 2014 [encore marqué par] des vents contraires».

«Nos ambitions étaient calibrées en fonction d’une volatilité de 20%, un niveau très loin de ce qu’on a connu en 2014», a martelé Dominique Ceolin. Essentielle pour prévoir le volume d’activité et la performance de l’arbitragiste français, l’hypothèse reprenait pourtant la moyenne de longue période de la volatilité sur les marchés financiers. Alors que la plupart des observateurs attendait un rebond de l’indice Vix, dont la valeur moyenne avait baissé à 14% en 2013, «l’indice de la peur» a finalement fait du sur-place en 2014. Et ce malgré «quelques chocs brutaux mais très courts dans le temps en février, en octobre puis en décembre dernier», souligne Dominique Ceolin.

Symbole de ce nouvel environnement de marché auquel ABC Arbitrage doit s’adapter, le gérant alternatif a décompté depuis 1982 seulement 68 séances lors desquelles la volatilité avait baissé sous 5%. Pas moins de 25 d’entre elles, soit 37%, se sont concentrées sur la seule année 2014. Paradoxalement, le Vix avait pourtant bondi le 15 octobre dernier au-dessus de 30%, un seuil inconnu depuis décembre 2011, dans un contexte de regain d’aversion pour le risque.

«En 2008, exercice historique pour ABC Arbitrage, nous avions enregistré des volatilités entre 80% et 100%», explique Dominique Ceolin. «Mais il est vrai que le fait de devoir être capable de travailler dans des zones de volatilité très basses ne nous facilite pas la tâche pour supporter des volatilités très élevées», analyse-t-il.

Outre cette situation, qui a impliqué le développement de nouvelles stratégies et l’adaptation de l’existant, la société est confrontée au moindre intérêt de ses investisseurs institutionnels pour la gestion alternative. Les actifs sous gestion pour compte de tiers ont ainsi fondu l’an dernier de 105 millions d’euros, à 243 millions. La taxe française sur les transactions financières a par ailleurs induit un manque à gagner de 3 à 4 millions d’euros, selon le gérant.

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