ABC Arbitrage craint une baisse des volumes avec l’interdiction des ventes à découvert

Le groupe estime également que l’idée d’une taxe sur les transactions financières n’est pas réaliste et pourrait se révéler dangereuse
Florent Le Quintrec

Les différentes mesures décidées ou en cours de décision par les autorités européennes à la suite des turbulences boursières de l’été démontrent un manque de compréhension des marchés par les pouvoirs publics, estime ABC Arbitrage. Le PDG de la société spécialisée dans les stratégies d’arbitrage, Dominique Ceolin, considère que l’interdiction des ventes à découvert mise en place en août dans quatre pays (France, Italie, Espagne et Belgique) pour contrer la chute des valeurs financières n’est pas efficace. «Les banques ont quand même décroché de plusieurs dizaines de pour-cent», constate-t-il. «Ce ne sont pas les ventes à découvert qui font décrocher les marchés, ce sont les inquiétudes et les problèmes de structures.»

Il recommande toutefois d’interdire les «mauvaises» ventes à découvert, à savoir à nu, mais d’autoriser les autres qui permettent de faire fonctionner les marchés, sous peine de voir les volumes chuter. «Vous enlevez une partie des acteurs qui vont ensuite acheter parce qu’ils ont vendu en amont les titres en question», explique Dominique Ceolin. Il estime que cette interdiction pénalise sa société à hauteur de 10% de son activité.

ABC Arbitrage considère également que l’idée européenne d’une taxe sur les transactions financières, d’un montant évoqué de 0,05%, n’est pas réaliste et qu’elle pourrait s’avérer dangereuse vis-à-vis de l’animation des marchés. «Cinq points de base, ce n’est même pas le niveau de marge que certains métiers font par transaction. Cela veut dire que ça modifiera de façon majeure les volumes», prévient le PDG. «C’est une bonne idée, il faut la creuser mais les montants annoncés de 5 pb et leur petite simulation, tout cela tombera à l’eau dès que ce sera mis en place.» L’autre danger vient également, selon lui, du fait que cette proposition a peu de chance d’être appliquée au niveau mondial et que dès lors, d’autres places de cotation se créeront en parallèle.

Malgré la faiblesse de la volatilité et des volumes de transactions au premier semestre, ABC Arbitrage a enregistré une hausse de 10% de son produit d’activité courante (PAC), équivalent au résultat brut d’exploitation des banques, à 39 millions d’euros et son résultat net est ressorti à 16 millions (+5%). Si son rythme de croissance demeure insuffisant pour l’instant, le groupe confirme néanmoins son objectif d’atteindre un résultat net cumulé de 250 millions de 2010 à fin 2014.

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