« A trois ou six mois, les taux longs devraient être stables »
Vincent Guenzi, responsable de la stratégie d’investissement chez Cholet Dupont
Publié le
Laure Closier
L’Agefi: Vos perspectives sur les taux sont stables de trois comme à six mois. Pouvez-vous nous expliquer pour quelles raisons ?
Vincent Guenzi: La crise des dettes souveraines n’est sans doute pas terminée pour les pays d’Europe du Sud. A moyen terme, le sort des emprunts d’Etat de l’Angleterre, de la France ou des Etats-Unis n’est pas assuré non plus. Mais les incertitudes qui découlent des plans d’assainissement des finances publiques réduisent la visibilité pour la croissance économique, ce qui est plus positif pour les taux.
Par ailleurs, la volatilité est régulièrement amplifiée par les divergences de vues et les hésitations des dirigeants américains et européens ou des responsables d’instances internationales. A court terme, les taux longs allemands et américains, comme ceux des pays notés AAA, ont bénéficié d’un «flight to quality». Ils ont donc déjà beaucoup baissé et ont commencé à remonter. Mais à trois ou six mois, le possible retour de l’inquiétude m’incite à retenir une stabilité des taux longs.
Le scénario d’une hausse des Fed Funds cette année, défendu par près de 31% des panélistes ayant répondu à L’Agefi vous paraît-il probable ?
Oui, mais nous considérons cependant que la crise des dettes souveraines aura un effet retardant sur l’action du Trésor américain. Nous attendons plutôt une hausse des taux au premier semestre 2011.
D’ici là, la Réserve fédérale américaine va continuer à se préoccuper de la gestion des liquidités et de la fin des programmes non conventionnels d’assouplissement quantitatif (quantitative easing).
Pour renforcer sa sécurité économique, l’Europe cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement et à nouer de nouveaux partenariats. Elle doit notamment signer une alliance commerciale renouvelée avec le Mexique.
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