A-t-on désormais fait suffisamment pour la croissance européenne ?
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Sylvain Broyer, Natixis
Aussi souhaitable soit-elle au regard de la forte dette extérieure, la consolidation des finances publiques européennes coûte de la croissance. Donner plus de temps à la réduction des déficits est une idée, mais les engagements pris pour regagner la confiance de nos créanciers extérieurs doivent être tenus au mieux. A l’initiative de la BCE, soutenue par la Commission, un pacte pour la croissance pourrait être scellé. L’idée est juste, si des projets d’investissement sont engagés dans la périphérie; mais l’idée n’est bonne que si elle ne crée pas de nouvelles dettes insoutenables.
La politique monétaire doit-elle faire plus ? Affaiblir le change profiterait en premier lieu aux pays qui exportent le plus en dehors de l’union monétaire, c’est-à-dire à l’Allemagne, qui n’en a pas besoin aujourd’hui. Changer de mandat pour défendre l’emploi, à l’image de ce que fait la Fed, serait contre-productif du fait de la structure des marchés du travail en zone euro (indexation et rigidité salariales). Baisser les taux n’a d’utilité que si cela peut redynamiser le crédit. A moyen terme, cela aide toujours. Mais aujourd’hui, le fort endettement du secteur privé européen asphyxie toute stimulation de l’activité par les taux? et le désendettement piétine.
En résumé, la politique économique européenne a visé à assécher le flux de nouvelles dettes par la réduction des déficits; à soutenir l’activité par un pacte de croissance. Il reste à prendre des mesures qui ciblent le stock des dettes, pour accélérer le désendettement du secteur privé. Plus qu’une initiative isolée de «bad bank» en Espagne, un vrai programme européen inspiré de ce qui s’est fait aux Etats-Unis avec le HOLC en 1933 ou avec le HAMP et le HARP à partir de 2009, serait utile. Ces programmes installaient une agence publique qui sortait les mauvaises dettes hypothécaires du bilan des banques et encadrait leur restructuration (renégociations des termes, des taux, etc.) à petits pas.
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