3i repense son modèle d’activité et abandonne le « early stage »
Débarrassé de cette activité peu rentable, le pôle capital-risque de la société d’investissement cotée sera combiné à celui du capital-développement
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Virginie Deneuville
La tendance était amorcée depuis deux ans. « Nous visons (en 2008) un nouvel accroissement des investissements, avec la contribution de notre activité sur les sociétés cotées et de nouvelles avancées dans le LBO et le capital-développement», avait ainsi indiqué Philip Yea, directeur général de 3i en mai 2007, lors de la publication des comptes annuels (clos fin mars 2007), reléguant dès lors le capital-risque au second plan. Alors que l’une des spécificités de 3i tenait à sa présence sur l’ensemble des segments du capital-investissement, ce modèle est désormais repensé.
La société cotée à Londres, va ainsi se désengager d’une des activités du capital-risque, le « early stage » (investissement lors des premières années d’existence d’une entreprise). L’activité de 3i dans le capital risque se fera désormais exclusivement dans le « later stage » (sur des entreprises plus matures), pôle qui sera combiné à celui du capital-développement.
« Le early stage n’a pas été une activité facile », a expliqué au Financial Times Philip Yea, directeur général de la société qui a essuyé au début des années 2000 de sérieux revers suite à l’éclatement de la bulle internet. « Il s’agit d’une évolution naturelle car l’activité de «later stage» nous offre plus de valeur au niveau international et nous l’avons de plus en plus développée », a poursuivi le dirigeant.
Depuis quelques mois, des synergies sont développées entre les pôles capital-risque et capital-développement et les équipes se rassemblent. En France, où la branche venture est restreinte (deux collaborateurs contre neuf dans le capital-développement), ce rapprochement devrait facilement s’opérer.
Si ce choix peut paraître inopportun à l’heure où l’activité du capital-investissement est marquée par un net coup d’arrêt dans le domaine des LBO, dans le contexte de crise actuel, 3i semblait faire face à une pression de la communauté financière pour mettre un terme à ce foyer sous-performant. Seul pôle déficitaire sur le dernier exercice 2006-2007, les activités de capital-risque du groupe ont enregistré un rendement négatif de 5,6 %, contre des performances positives de 53,8 % pour les activités LBO, 47,7 % pour le capital-développement et 16,3 % dans le domaine de l’infrastructure. Accusant un recul de près de 18 % depuis le début de l’année, le titre 3i a gagné 6,6 % à 834 pence mardi.
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