2008, pire année de la décennie pour le primaire actions en France

Les volumes ont baissé de 40% à 14,5 milliards d’euros. La visibilité reste ténue pour 2009
Alexandre Garabedian

Il est temps que l’année 2008 se termine pour les professionnels du marché primaire actions en France. Le secteur a connu le pire exercice de la décennie avec des volumes placés de 14,5 milliards d’euros seulement, en recul de 40% par rapport à une année 2007 qui avait déjà marqué un plancher, selon les statistiques de Dealogic.

Comme dans le reste du monde, ce sont les augmentations de capital menées, notamment, par le secteur bancaire, qui ont sauvé la mise. Leur volume, en baisse de 27% sur un an, atteint 13,5 milliards d’euros pour 28 opérations, avec, en tête, les appels au marché de Crédit Agricole SA (5,9 milliards), de la Société Générale (5,5 milliards) et de Natixis (3,7 milliards). Deux groupes ont bravé la tempête des marchés actions après la faillite de Lehman Brothers en septembre: EDF Energies Nouvelles et Klépierre.

L’année 2008 a marqué en revanche la disparition des introductions en Bourse. A noter aussi l’effondrement du compartiment des obligations convertibles (-61% à 984 millions d’euros), sauvé par l’émission de 800 millions d’Eurotunnel en mars.

Pour 2009, le manque de visibilité est extrême. D’autres émissions bancaires pourraient avoir lieu, à en juger par la pression que les marchés exercent sur BNP Paribas. Certains professionnels espèrent aussi que la dégradation des ratios d’endettement forcera les entreprises à muscler leurs fonds propres. En revanche, il ne faudra pas compter dans l’immédiat sur l’Etat pour relancer les IPO, la ministre de l’Economie Christine Lagarde ayant jugé lundi que le marché «ne permet pas actuellement de procéder à des cessions d’actifs (...) dans des conditions satisfaisantes».

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