Le fonds Amber Capital interpelle Lagardère sur sa politique
Les actionnaires de Lagardère ont approuvé la totalité des résolutions lors de l’assemblée générale de ce matin. La quasi-totalité ont été approuvées à plus de 90%, hormis les « say on pay » de Pierre Leroy et Thierry Funck-Brentano, membres de la gérance, à 75,76% et celui de l’ancien directeur financier Dominique D’Hinnin à 71,43%.
L’assemblée a été calme. Le premier actionnaire du groupe, le fonds souverain du Qatar, avec 13% du capital et 16,7% des droits de vote, ne s’est pas exprimé, après sa récente déclaration d’intention auprès de l’AMF. En revanche, un temps important du dialogue avec les actionnaires a été consacré aux réponses aux questions écrites déposées par l’Adam, présidée par Colette Neuville, et par le fonds Amber Capital qui avait requis la nomination d’un huissier. Ils ont tous deux interrogé le groupe sur la transparence de la rémunération des dirigeants de la société, rémunérés à travers la société Lagardère Capital & Management (LCM). « Non, LCM n’est pas un montage coûteux et peu transparent », a répondu Pierre Leroy, co-gérant de Lagardère SCA. Par ailleurs, il rappelle que la rémunération fixe d’Arnaud Lagardère est stable depuis 2009 et qu’il ne touche pas d’actions gratuites. De plus, la rémunération des membres de la gérance fait l’objet d’un « say on pay », avec un taux d’approbation moyen de 94,5% contre 88% dans le SBF 120. Agacé par cette question écrite, Pierre Leroy y voit des « soupçons peu sympathiques » pour le groupe, la jugeant « au bord du procès d’intention ».
Amber a aussi questionné le groupe sur sa restructuration, notamment chez Lagardère Active et dans la branche sport. Quant aux questions sur l’arbitrage entre désendettement et dividende, « la réduction de notre endettement n’est pas notre objectif prioritaire », a martelé Pierre Leroy, rappelant que le dividende est stable depuis 10 ans à 1,30 euro. Il a ajouté qu’il « n’y a pas de conflit d’intérêt » pour Arnaud Lagardère, qui « n’a pas à faire face à des besoins de trésorerie ». Le directeur financier avait rappelé auparavant que le groupe affiche un ratio d’endettement de 2,2 fin 2016, dans le bas de sa zone de confort située entre 2 et 3 fois l’Ebitda, qui lui permet de conserver un profil investment grade. Ce qui laisse une capacité d’endettement supplémentaire de 500 millions d’euros pour des acquisitions, avant d’atteindre le haut de la fourchette.
Enfin, la société a justifié la rémunération de 240.000 euros par an accordée au président du conseil de surveillance, en plus de ses jetons de présence, précisant que cette pratique est habituelle et qu’elle n’est pas soumise au régime des conventions réglementées.
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