JPMorgan lance un réseau interbancaire de paiements sur la blockchain
Le bitcoin a beau être une «arnaque» pour le PDG de JPMorgan Jamie Dimon, la technologie qui sous-tend cette cryptomonnaie est tout le contraire. La banque d’investissement américaine a annoncé hier avoir lancé un nouveau réseau de traitement des paiements utilisant la blockchain, en partenariat avec Royal Bank of Canada (RBC) et Australia and New Zealand Banking Group (ANZ).
Ce réseau d’informations interbancaires, baptisé Interbank information network (IIN), vise à minimiser la friction dans les processus de paiements internationaux, en «réduisant significativement le nombre de participants actuellement nécessaires pour répondre aux exigences liées à la conformité et aux données, qui retardent les paiements», selon un communiqué.
«IIN fera passer de quelques semaines à quelques heures le temps passé à la résolution de retards de paiement, et fera baisser les coûts associés», affirme Emma Loftus, responsable des paiements internationaux et des devises étrangères pour les services de trésorerie de JPMorgan. Cette division traite environ 5.000 milliards de dollars de paiements chaque jour pour des clients répartis dans plus de 100 pays. «Les possibilités de la blockchain nous ont permis de repenser la manière d’obtenir et d’échanger l’information sensible entre banques internationales», ajoute la responsable.
Le réseau fonctionnera grâce à la solution de JPMorgan Quorum, une blockchain basée sur Ethereum, que le groupe a créée en 2016. L’établissement espère que d’autres banques rejoindront cette initiative dans les prochains mois.
En septembre, Jamie Dimon avait assimilé le bitcoin à une «arnaque» qui allait «finir par exploser». «Si nous avions un trader qui échangeait du bitcoin, je le licencierais en une seconde. C’est contre nos règles», avait-il déclaré. A l’instar d’autres dirigeants de banques, il a néanmoins reconnu les mérites de la technologie sous-jacente. JPMorgan, comme nombre de ses compétiteurs, a investi des millions de dollars dans la blockchain, que les établissements financiers espèrent pouvoir adapter pour simplifier et baisser les coûts des processus comme le règlement de titres, les marchés secondaires de dette et les transferts d’argent internationaux. JPMorgan faisait notamment partie du plus gros consortium blockchain, le groupement R3, qu’il a quitté en avril dernier.
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