Perceva Capital signe le quatrième investissement de son fonds de retournement
Perceva Capital trouve son rythme de croisière. Le fonds français de retournement, monté par des anciens de Butler Capital, est entré en négociations exclusives avec EDF Energies Nouvelles Réparties pour prendre le contrôle de Supra, un spécialiste des produits de chauffage au bois, coté sur le compartiment C d’Euronext. L’activité ne fait plus partie des priorités de l’électricien, qui privilégie l’éolien et le photovoltaïque dans les énergies renouvelables.
«La nouvelle direction de Supra a engagé à l’automne 2009 le repositionnement de l’entreprise sur le marché du haut de gamme, explique Jean-Louis Grevet, président de Perceva Capital. Cette stratégie sera poursuivie.» Le temps que la nouvelle gamme soit développée, 2010 et 2011 s’annoncent comme des exercices de transition: la société est tombée dans le rouge l’an dernier, et ses revenus ont chuté de 9,7% à 65 millions d’euros, avec un nouveau plongeon de 20% au premier trimestre.
Le fonds reprendra dans un premier temps 58% du capital sur les 81,3% d’EDF ENR, à travers une holding de reprise dont il détiendra autour de 71% et la filiale d’EDF 29%. La structure lancera ensuite une offre d’achat sur le solde du capital de Supra, une opération prévue en octobre une fois tous les feux verts obtenus. Perceva Capital devrait alors encore monter au capital de la holding selon les résultats de l’offre. La Financière de l’Echiquier détient à elle seule près de la moitié du flottant.
Le prix d’achat, à 10,88 euros par titre, est de 37% inférieur au dernier cours de Supra (17,44 euros). Reste que la valeur est totalement illiquide, avec 480 titres échangés en deux mois. En mars 2007, EDF avait acheté les titres de la société à 31,97 euros.
Avec cet investissement de l’ordre de 7 millions d’euros, Perceva Capital compte désormais quatre lignes dans le portefeuille de France Special Situations 1. Ce véhicule de 150 millions d’euros levé fin 2010 (L’Agefi Quotidien du 12 janvier) avait hérité des participations dans le fabricant de remorques Trailor et le traiteur Dalloyau. Il a pris en mars 100% du numéro un français des casques de moto, Shark.
Le fonds est désormais investi à hauteur de 25% à 30%, et vise au total dix à douze lignes. «Nous étudions plusieurs dossiers en exclusivité et il est possible que nous annoncions une autre opération d’ici à la fin de l’année», indique Jean-Louis Grevet.
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