Les BFI françaises préfèrent recruter à l'étranger plutôt qu’en France
A l’inverse de leurs grandes concurrentes anglo-saxones ou européennes, comme Goldman Sachs, RBS, ou encore Credit Suisse, les grandes banques de financement et d’investissement (BFI) françaises ne semblent pas enclines à couper dans leurs effectifs. Mais ce n’est pas pour autant qu’elles recrutent. Les grands établissements français de BFI ont opté pour un gel des embauches. «Sur le territoire domestique, notamment pour les grandes banques françaises, il n’y a pas de créations de postes, il y a des remplacements», constate Thierry Carlier Lacour, directeur associé du cabinet de recrutement Nicholas Angell.
Selon les professionnels du recrutement dans les métiers de la BFI, les rares nouvelles embauches qui ont lieu en France dépendent davantage d’effets d’opportunité. Les banques sont en effet encore prêtes à mettre la main au portefeuille si elle trouve un profil exceptionnel. «De temps en temps, on peut avoir besoin d’un profil culture quantitative ou d’une expérience de trading particulière. Mais de toute façon, la priorité est la mobilité interne», observe Denis Marcadet de Vendôme Associés.
La perspective d’une reprise des recrutements en France dépendra de l’amélioration des conditions de marchés, selon les experts, mais aussi des éventuels nouveaux métiers qui pourraient y être développés. «Je ne vois pas de recrutements lourds en France sauf volonté de développer des métiers nouveaux et de repartir sur les métiers sur lesquels on était les leaders, comme les produits structurés», estime quant à lui Eric Singer du cabinet Singer & Hamilton.
Les BFI françaises préfèrent donc les places financières où les ajustements de personnels sont plus faciles à réaliser, comme Londres, qui dispose d’une réglementation du travail plus souple, ou comme les places en fort développement, au premier rang desquelles les marchés asiatiques. «Londres a conforté son positionnement, les marchés sont très actifs sur le fixed income, l’equity, qui ont connu des délocalisations d’activité. BNP Paribas a mis toutes ses forces vives de front office à Londres», souligne Denis Marcadet. Sur ces places, les postes les plus recherchés sont ceux de senior bankers spécialisés sur des thématiques précises ou des spécialistes des fusions-acquisitions, marché qui a repris des couleurs en 2011.
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