Eramet fait un pas de géant dans son programme de cessions
Les difficultés de sa filiale Société Le Nickel et la faiblesse des prix des matières premières ne formaient pas un contexte favorable à la réalisation du programme de cessions d’Eramet. Mais voici qu’en moins d’une semaine, deux opérations ont été rendues publiques – ce qui porte à trois le total depuis trois mois.
Le groupe minier a signé la vente d’Erachem (chimie du manganèse) à PMHC II, la société mère du spécialiste des métaux Prince International (un portefeuille de sociétés détenues par le fonds d’investissement Palladium Equity Partners). Le montant de la transaction s’élève à «environ» 190 millions de dollars dette comprise.
Erachem est constituée de plusieurs filiales de la société Comilog, dont le capital est contrôlé à 63,7% par Eramet et à 36,3% par l’Etat gabonais. Ses sites sont localisés aux Etats-Unis, en Belgique, en Chine et au Mexique. Elle a réalisé un chiffre d’affaires de 187 millions en 2015, précise Eramet.
Vendredi dernier, le groupe minier français annonçait la signature d’un accord sur la vente d’Eurotungstene (chimie du nickel), basée à Grenoble, au belge Umicore. Les protagonistes se sont entendus sur une valeur d’entreprise de 6 à 7 millions d’euros, pour un revenu de 42 millions pour 2015. En septembre, Eramet vendait au turc Yildirim pour 7,6 millions de dollars Bear Metallurgical (BMC), placé sous chapitre 11 et filiale de l’américain GCMC, lui aussi en redressement judiciaire depuis la mi-juin. BMC – 25 millions de dollars de chiffre d’affaires – est spécialisé dans le recyclage de catalyseurs pétroliers et les alliages ferreux. Il était également convoité par Glencore, AMG et Sider Alloys.
Avec ces trois cessions pour un peu plus de 200 millions de dollars, Eramet estime avoir réalisé environ les trois quarts de son objectif, confie un proche du groupe à L’Agefi. Ce programme avait été annoncé le 30 juillet 2015, à l’occasion de la publication des comptes semestriels. Le groupe a exprimé l’intention de se regrouper autour de deux activités, la production et transformation de minerais d’une part (nickel et manganèse) et les alliages d’autre part. Les diversifications et les activités aval ont vocation à être vendues.
L’accélération du programme de cessions est un élément favorable de plus pour Eramet, avec le début de remontée des prix du nickel et surtout du manganèse. Le titre, qui a reculé de 0,8% hier à 62,53 euros, s’est adjugé 112% depuis le début de l’année.
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