Les valorisations des banques européennes sont au plus bas depuis 2012
Le chemin de croix des banques européennes en Bourse continue. Malgré le rebond de 3,1% vendredi, le sous-indice Euro Stoxx 600 dédié au secteur a abandonné 2,5% la semaine dernière, portant sa correction à 18,6% depuis le vote sur le Brexit et 32,7% depuis le début de l’année. Si l’avenir des banques britanniques et les encours de prêts douteux des banques italiennes continuent à inquiéter, aucune zone n’a été épargnée.
«Tandis que les banques italiennes ont le plus souffert depuis le Brexit en plongeant de 32%, les banques allemandes (-26%) ne sont pas très loin, et les banques françaises (-22%) et espagnoles (-19%) ont aussi baissé significativement», résume dans une note UniCredit. «Le ratio prix sur valeur comptable (PTB) moyen des banques européennes approche désormais 0,5, non loin du plus bas atteint en 2012 lors du pic de la crise des dettes publiques européennes», constatent ses analystes.
Hormis les banques nordiques ainsi que KBC et Danske, toutes les banques européennes affichent des ratios P/B inférieurs à 1. Parmi les plus grandes banques les plus faiblement valorisées figurent UniCredit (0,22), Commerzbank (0,24) et Deutsche Bank (0,26). A part BNP Paribas (0,56), qui évolue en deçà d’Intesa Sanpaolo (0,59), les banques françaises stationnent aux alentours de 0,36, au même niveau que RBS. Barclays, qui a abandonné 26% depuis quinze jours, affiche un ratio de 0,41.
Au-delà des craintes liées au Brexit, le secteur bancaire européen pâtit depuis plusieurs années de facteurs structurels, comme le durcissement de la réglementation - une nouvelle vague est attendue avec Bâle 4 - et la faiblesse des taux. «Le taux de rentabilité des fonds propres, qui tournait historiquement autour de 15% avant la crise des dettes souveraines européennes, évolue plutôt autour de 6% actuellement», rappellent les experts de Diamant Bleu Gestion.
Alors que se profilent les stress tests européens le 29 juillet, un rebond durable des valeurs bancaires demeure incertain. L’ampleur de la correction peut néanmoins prêter à interrogation. «L’affaissement des marchés a affecté bien davantage les actions des banques que leurs instruments de dette, qui ont fait preuve d’une grande résistance», souligne UniCredit. L’indice iTraxx des CDS bancaires est ainsi revenu la semaine dernière à 245 points de base, bien loin des 700 points atteints en 2012.
Plus d'articles du même thème
-
Santander affiche un bénéfice net sous-jacent en hausse au deuxième trimestre
La banque a cependant enregistré des provisions en hausse et des charges de restructuration liées à TSB de 250 millions d’euros. -
La médiation nationale du crédit veut sortir de l'ombre
Le nombre de dossiers traités par la médiation nationale du crédit reste relativement faible, au regard du contexte économique et du nombre de défaillances d'entreprises. Preuve d'une méconnaissance encore de son rôle, quand de son côté, la médiation des entreprises voit son nombre de dossiers exploser. -
Les émissions de titrisations SRT battent des records malgré la guerre
Ces opérations de transferts de risque synthétique (SRT) pourraient à nouveau battre des records en 2026. Les statistiques, tout comme les pratiques à risques, restent cependant peu documentées.
ETF à la Une
La Bourse de Londres lance une plateforme de négociation ouverte 24h sur 24
- Les créanciers d’Altice International contre-attaquent
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur du luxe amorce une reprise au deuxième trimestre
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
Contenu de nos partenaires
-
Flacon couture et grand cru, notre sélection de cinq huiles d'olive d'exception pour l été
Tandis qu'Estoublon donne des airs de flacon de parfum à ses flacons d'huile d'olive, Maison Sarah Lavoine les sublime dans un nuancier de céramique et Oliviers & Co habille les siennes de teintes solaires... Tour d'horizon des flacons d'huile d'olive qui vont égayer les tables de l'été. -
Monique Barbut reste finalement au gouvernement à la demande d'Emmanuel Macron
Après avoir annoncé ce mercredi matin de remettre sa démission, Monique Barbut a accepté de rester à son poste de ministre de la Transition écologique après avoir échangé avec Emmanuel Macron -
SéismeAu Japon, la popularité de Sanae Takaichi commence à sérieusement s'effriter
Les Japonais commencent à reprocher à la Première ministre d'avoir modifié ses priorités alors que l'inflation reste leur principale préoccupation