Le Qatar s’impose dans le secteur bancaire africain
La Qatar National Bank (QNB) dame le pion aux Sud-Africains. En devenant lundi le premier actionnaire du groupe ouest-africain Ecobank Transnational Inc., l’établissement du Golfe prend pied dans la deuxième banque du continent, derrière la sud-africaine Standard Bank. Au sein même d’Ecobank, il supplante désormais deux institutions sud-africaines : le fond de pension sud-africain Public Investment Corporation, actionnaire à 18,2%, et sa compatriote Nedbank. Cette dernière avait déclaré le 9 septembre vouloir poursuivre sa coopération avec Ecobank, sans préciser si elle exercerait une option qui lui permet, d’ici au 25 novembre, de monter jusqu’à 20% du capital.
Désormais à 23,5%, QNB compterait lui aussi rester dans cette limite de 20% en étant dilué par Nedbank, a déclaré au Financial Times Albert Essien, directeur général d’Ecobank, qui juge les deux groupes «très complémentaire(s)». Les statuts de la banque limitent à 24,9% toute prise de participation, mais l’appétit qatarien risque d’inquiéter les autres actionnaires. Début septembre, QNB a racheté 12,5% d’Ecobank pour environ 230 millions de dollars (178 millions d’euros) à un fonds mis en place par la Banque centrale du Nigeria après la crise bancaire de 2009, puis a déboursé lundi dernier 283 millions de dollars pour 11% supplémentaires.
Le groupe qatarien, qui a racheté l’an dernier la filiale sud-africaine de la Société Générale, vise la première place du marché bancaire en Afrique et au Moyen-Orient d’ici à 2017. Cotée au Nigeria, en Côte-d’Ivoire et au Ghana, Ecobank est une cible de choix par sa présence dans 36 pays. Créée en 1985 à l’initiative de la Fédération des chambres de commerce d’Afrique de l’Ouest, elle affiche une forte croissance et un total de bilan de 23,4 milliards de dollars à fin juin. Sa réputation a toutefois été entachée par les malversations de ses anciens dirigeants qui ont provoqué la colère des actionnaires sud-africains et conduit au renouvellement de ses dirigeants en début d’année.
L’offensive de QNB accroît le jeu concurrentiel dans une région également convoitée par la britannique Barclays ou encore son ancien patron, Bob Diamond. Ce dernier a levé le mois dernier 325 millions de dollars à la Bourse de Londres pour son fonds Atlas Mara, déjà présent au capital de plusieurs banques locales. BPCE a aussi récemment réaffirmé son ambition de croissance externe sur le continent, mais les banques françaises y sont plutôt en perte de vitesse ces dernières années.
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