Les créanciers de la Grèce esquissent un compromis

le 25/04/2016 L'AGEFI Quotidien / Edition de 7H

Les Européens et le FMI veulent faire dépendre leur soutien à Athènes de sa situation en 2018 et demandent immédiatement des gages supplémentaires.

Le Parlement grec.
Les autorités grecques estiment que prendre des engagements à l’horizon 2018 soulève des problèmes politiques et constitutionnels. Le Parlement grec à Athènes.
(Photo Bloomberg.)

Le soutien des Européens et du FMI à la Grèce sera à l’avenir non seulement toujours conditionnel mais également  «contingent», selon l’accord trouvé vendredi entre les ministres des finances et le Fonds monétaire international. Lors de cette réunion, à Amsterdam, les créanciers d’Athènes ont confirmé que la conclusion de la première revue et la reprise des versements dépendaient désormais d’engagements supplémentaires.

Le FMI doute de la capacité d’Athènes à dégager 3,5% d’excédent primaire en 2018 et souhaitait que le gouvernement Tsipras fournisse dès maintenant le détail des mesures supplémentaires «votées en avance, crédibles et automatiques» qu’il prendrait en 2017 ou 2018 s’il n’était pas en mesure d’atteindre cet objectif dans le cadre des engagements actuels. Des mesures chiffrées par le FMI à 2% du PIB.

Cette nouvelle étape dans la négociation devrait permettre de réconcilier les anticipations différentes de la Commission européenne et du FMI quant au caractère soutenable de la dette à moyen terme en ajoutant «une sorte de garantie supplémentaire», a expliqué le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem. Elle permettra de lancer, au niveau des ministres, la discussion sur le réaménagement de la dette. Les négociations avec Athènes vont donc s’accélérer jusqu’à ce qu’une décision soit prise mercredi sur l’opportunité de tenir une nouvelle réunion.

«Nous sommes à quelques millimètres d’un accord», assurait après la réunion le ministre français Michel Sapin qui juge une réunion (des ministres des finances) jeudi prochain «très probable». Les autorités grecques ont toutefois fait valoir que prendre des engagements à l’horizon 2018 soulevait des problèmes politiques et constitutionnels. «Nous ne voulons pas aller à l’encontre de contraintes légales», a rassuré Jeroen Dijsselbloem tout en reconnaissant que la nature de ces mesures et surtout les conditions dans lesquelles elles devraient être automatiquement mises en œuvre restaient à définir.

De son côté, le FMI a explicitement renoncé à une réduction nominale de la dette et semble prêt à accepter que son réaménagement soit lui aussi contingent. Le «paquet global» comprendra des «précisions sur les mesures concernant la dette», a expliqué Michel Sapin après la réunion, mais «cela ne veut pas dire qu’on les mette en œuvre tout de suite, mais on les connaîtra» à l'avance.

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