Jeudi, l’Agence France Trésor a pu émettre les 10,5 milliards d’euros d’OAT qu’elle visait, dans des conditions tout à fait correctes vu le contexte politique et électoral.
Si le Rassemblement national (RN) devait prendre le pouvoir sans majorité absolue, il ne pourrait probablement pas faire passer des budgets complètement déraisonnables. Revue des outils constitutionnels qui permettraient d'éviter un blocage des institutions.
Les actifs les plus affectés par le risque politique en France se sont repris lundi, avec la perspective d’une absence de majorité absolue pour le NFP ou le RN. Le spread de la dette souveraine s’est détendu. Mais le doute demeure sur la pérennité de ce rebond technique.
Le résultat du premier tour des élections législatives, qui place le RN en tête avec plus d'un tiers des voix et une possible majorité absolue au soir du second tour, promet une période de volatilité élevée sur les marchés financiers.
La hausse des prix dans l'Hexagone ressort à 2,1%. L'indice harmonisé, qui permet une comparaison européenne, atteint 2,5%, également en repli de 0,1 point. En mai, la consommation a par ailleurs rebondi.
Face à la continuité incarnée par la majorité présidentielle, le Rassemblement national a renoncé à des mesures de son programme de 2022 tandis que l’alliance des partis de gauche parie sur la relance keynésienne financée par l’imposition du capital et des plus riches.
La volatilité et l’incertitude pourraient durer quelque temps autour des banques françaises, dont les spreads s'écartent. Mais les investisseurs ne semblent pas avoir trop d’inquiétudes à plus long terme.
Les émetteurs tricolores représentent autour de 20% à 25% des indices, voire davantage dans les dettes subordonnées financières. La corrélation au spread OAT est aussi élevée. Le marché corrige.
Le risque de soulèvements, grèves et mouvements populaires, est devenu prégnant en France et dans le monde ces dernières années. Autrefois rattaché comme une couverture bonus aux garanties dommages et perte d’exploitation des entreprises, il a mué pour devenir un objet assurantiel à part entière.
Jeudi l’Agence France Trésor a pu émettre quasiment les 10,5 milliards d’euros d'OAT à moyen terme qu’elle voulait lever, et dans des conditions correctes.
L'incertitude politique en France remet un coup de projecteur sur l’écartement des taux et le risque de fragmentation de l’Union monétaire. L’Eurosystème semble néanmoins plus apte à intervenir sur les taux italiens que sur les taux français dans la configuration de 2024.
L'Afep, la discrète association des grandes entreprises, alerte contre le risque de fuite en avant budgétaire et de décrochage durable de l'économie française à l'issue des élections législatives.
Le parti présidentiel accuse le Front populaire de préparer la destruction de 1,2 million d'emplois. Des ordres de grandeur qui ne tiennent pas compte de l'augmentation de la consommation.
L'Institut a révisé à la hausse son estimation nationale mais l'évolution de l'indice harmonisé qui permet une comparaison avec les autres pays européens a été revu en baisse.
Le spread de la dette française par rapport au Bund est au plus haut depuis 2017. Les investisseurs restent en attente des programmes économiques, notamment du Rassemblement national, mais tablent sur des concessions. La volatilité devrait perdurer.
Cette révision à la baisse de la croissance française pour 2025 et 2026 est notamment due à la prise en compte d’une hausse des prix de l’énergie et aux mesures supplémentaires de consolidation budgétaire de la part du gouvernement.