Pour Vitalik Buterin, le métavers de Facebook va «échouer»
Le 28 octobre 2021, Mark Zuckerberg avait annoncé en grande pompe que Facebook se prénommerait désormais Meta, en référence au métavers, « le successeur de l’internet mobile ». Le groupe dirigé par le milliardaire annonçait également d’importants investissements pour faire partie de cette « prochaine révolution » : 10 milliards de dollars en 2021 via Reality Labs, l’entité responsable du développement du métavers qui a annoncé de nouvelles pertes à 2,96 milliards de dollars au premier trimestre 2022 et 2,8 milliards de dollars pour le second trimestre. « Ce sera un projet très coûteux dans les prochaines années », reconnaissait le fondateur de Facebook aux investisseurs, tout en montrant qu’il restait optimiste : « Le métavers représente une opportunité énorme pour un certain nombre de raisons […] Son développement permettra de débloquer des centaines de millions de dollars au fil du temps ».
Or, dans deux tweets, Vitalik Buterin, la figure majeure de l’écosystème Ethereum, a ouvertement critiqué la manière qu’avaient les entreprises comme Meta d’aborder le concept de métavers, osant même déclarer que « tout ce que Facebook crée maintenant va échouer […] Il est trop tôt pour savoir ce que les gens veulent vraiment ».
En filigrane, c’est la centralisation qui est dans le viseur de Vitalik Buterin. Fin avril, Meta avait confirmé que certains créateurs de contenus pourraient vendre des cryptoactifs, comme les NFT (jeton non fongible), dans son Metaverse Horizon Worlds. Des interrogations avaient émergé quant aux modes de financement. Meta avait alors confirmé à CNBC qu’il pourrait mettre en place une commission de 47,5% sur les ventes. En comparaison, OpenSea, actuel leader des ventes sur les NFT, fixe une taxe à 2,5%. Ce projet de commission avait provoqué des commentaires acerbes dans l’écosystème crypto, accusant Meta de vouloir créer un Facebook bis, bien loin des principes de décentralisation mises en avant par le Web3 qui promet notamment une meilleure répartition des richesses entre plateformes et créateurs de contenus en permettant de reprendre le contrôle de ses données.
Limites technologiques de la décentralisation
Pour le moment, il est quasiment impossible de donner une définition précise au métavers et donc de déterminer les usages qui s’y développeront le plus. Il est généralement décrit comme étant un monde virtuel en 3D, axé sur la connexion sociale et accessible via un système de réalité virtuelle ou augmentée. « A mon sens, le métavers fonctionnera parce qu’il permet de réinventer la mise en relation avec la possibilité d’échanger de la valeur en pair à pair via les cryptomonnaies notamment », analyse Frédéric Ocana, consultant en cybersécurité. « Il y a de nombreux marchés à aller chercher pour les relations à distance au travail, pour l’éducation, le commerce en ligne ou encore le gaming », poursuit-il.
Mais d’énormes limites techniques existent aujourd’hui pour réaliser un tel monde virtuel parallèle, à commencer par un nombre suffisant de développeurs pour entretenir et construire les métavers, pour lesquels il est également impossible de fournir la puissance de calcul suffisante. « Et pour pouvoir les envisager, il faut les infrastructures nécessaires, comme des datas centers par exemple. Ce que n’ont pas les métavers qui prônent la décentralisation, au contraire de géant comme Facebook (Meta). Ainsi dans le contexte actuel, le métavers qui a le plus de chance de fonctionner est celui de Facebook (Meta) », conclut Frédéric Ocana.
Plus d'articles du même thème
-
L’Esma a lancé une action de surveillance des prestataires de services crypto
Le rapport final sera soumis à son conseil de surveillance au second semestre 2027. -
Les CGP, privés de conseil en cryptomonnaies, espèrent un assouplissement des règles
En vigueur depuis le 1er juillet, le règlement européen MiCA réduit drastiquement les pouvoirs des conseillers en gestion de patrimoine pour les crypto-actifs. L'Autorité des marchés financiers pourrait assouplir sa position, mais à date, il faut éviter toute forme de conseil sur cette classe d'actifs. -
Melanion Digital autorise les souscriptions en stablecoins pour son fonds
La plateforme digitale native a intégré l'infrastructure de paiement de Fipto afin de permettre les souscriptions en stablecoins à son fonds Sigma Market Neutral Fund, domicilié au Luxembourg.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
- La nouvelle hausse du Livret A coûtera plus de 800 millions d’euros aux banques
- Le Crédit Agricole a injecté au total plus d’un milliard d’euros dans BforBank
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Les ambitions d’Air France-KLM sont freinées par des vents contraires
- Apple injecte 30 milliards de dollars dans des puces Broadcom conçues aux Etats-Unis
Contenu de nos partenaires
-
Quoi de Neuf dans l’actualité Lifestyle du 13 juillet ?
Air France pose son restaurant éphémère au Cercle des Nageurs de Marseille, Marc-Antoine Barrois transpose ses fragrances iconiques en pains de savon sculpturaux, Louis Vuitton dévoile la LV Drop 300, sa sneaker allégée signée Pharrell Williams… La rédaction vous livre un florilège des dernières actualités lifestyle. -
Etats-Unis : Rahm Emanuel, le démocrate de la troisième voie face à Israël
Aux Etats-Unis, celui que l'on surnomme « Rahmbo » veut s'imposer en arbitre d’un Parti démocrate fracturé sur Israël. L'ancien bras-droit de Barack Obama se prépare pour la présidentielle de 2028 -
Une masterclass de haute joaillerie durant la couture parisienne
Les nouvelles créations de haute-joaillerie ont émaillé la semaine de la couture à Paris, mêlant savoir-faire, techniques ancestrales, créativité débridée et pierres exceptionnelles. Revue de tendances.