La NFT Factory, organe d’influence du secteur, ouvre en plein cœur de Paris
La communauté NFT (jeton non fongible) a enfin son espace physique dédié, situé dans le 4e arrondissement de Paris, juste en face du Centre Pompidou, la NFT Factory. Le lieu met en avant l’art numérique avec l’exposition sur téléviseurs d’œuvres d’artistes comme Bipple et son «Bull run», représentant un taureau chevauché par un immense jeton frappé du logo bitcoin, la plus connue des cryptomonnaies, le tout sur des murs peints en vert électrique. «L’objectif premier sera de démocratiser les NFT pour le grand public et montrer qu’ils ne se limitent pas simplement au secteur de l’art, mais que cette technologie peut affecter tous les secteurs économiques», explique John Karp, président et cofondateur de la NFT Factory. A cette fin, des évènements «découverte» seront organisés pour les particuliers comme des tables rondes et des débats sur la régulation et l’entreprenariat à partir de novembre ainsi que des cycles de formation.
La popularité des NFT a explosé en 2021, avant que les chiffres ne retombent violemment avec la baisse du marché crypto en 2022. Régulièrement réduit au secteur de l’art, les NFT sont en réalité une sorte de titre de propriété garantissant l’unicité d’un cryptoactif dans une blockchain. «A partir de là, l’horizon d’applications est beaucoup plus large», complète John Karp qui estime logique que les premiers NFT se soient développés dans le secteur de l’art: «C’est quelque chose qui se voit et qui parle à tout le monde. La barrière réglementaire a également été moins importante que pour des secteurs comme l’immobilier par exemple».
Enjeux industriels
Au total, 128 investisseurs comme Sorare, Ledger, The Sandbox, Allianz Accelerator ou encore Arianee ont mis au pot pour financer la NFT Factory, qui se veut également un lieu de rassemblement pour les entrepreneurs du secteur.
Un espace sera dédié aux membres de la Factory dont le statut est déterminé par l’achat d’un Node, le NFT de la communauté, vendu sur la plus grosse plateforme d’échanges OpenSea au prix de 0,41 ETH, la cryptomonnaie du réseau Ethereum, soit environ 540 dollars. «Le but est aussi de connecter un maximum d’entrepreneurs entre eux pour consolider l’écosystème et faire de la France un leader de ce marché qui n’en est qu’à ses débuts», ambitionne Jean-Michel Pailhon, cofondateur de la NFT Factory et bras droit du PDG de Ledger, Pascal Gauthier.
L’entité organisera également des formations dédiées pour les start-up et les entreprises. «De grandes sociétés ont manifesté un intérêt très fort pour éduquer leurs salariés à ce secteur qu’elles jugent stratégique industriellement pour le futur», explique John Karp. En 2023, la NFT Factory prévoit aussi de mettre en place un «club d’investissement des cofondateurs» ou encore un «module d’accompagnement des projets NFT pour les start-up» pour faire émerger de nombreux projets Web3, un internet portant la promesse d’être plus décentralisé. Une fois le modèle éprouvé, la directrice générale de l’entité Lucie-Éléonore Riveron ne cache pas son ambition «d’exporter le concept à l’étranger» par la suite.
Présent pour l’inauguration, le ministre délégué au Numérique Jean-Noël Barrot a déclaré que «la France a de nombreux atouts pour être leader sur les NFT avec les secteurs de la culture, du jeu vidéo et de l’industrie du luxe. Nous avons d’ailleurs déjà des acteurs d’importance mondiale dans ces trois secteurs». Il a également ajouté que le pays «a l’ambition de prendre le virage du web3 qui va modifier internet dans un esprit plus ouvert et décentralisé. Nous devons en être à l’avant-garde». Il a affirmé que le gouvernement était même près à soutenir le secteur des NFTs avec «de l’argent publique», sans toutefois donner plus de précision.
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