Zynga séduit une figure de la Silicon Valley pour assurer son renouveau

Don Mattrick prend la direction générale de l’éditeur de jeux encore très dépendant de Facebook. Le fondateur Mark Pincus conserve la présidence
Benoît Menou

Comme un symbole des défis qui attendent Don Mattrick à la tête de Zynga, le Wall Street Journal assurait hier de sources proches que le dirigeant devait percevoir 95% de sa rémunération environ en titres. Le nouveau directeur général de l’éditeur de jeux, dont la nomination dévoilée lundi soir sera effective le 8 juillet, est ainsi intéressé à mener à bien le retour en grâce de la société.

Une nouvelle saluée par le marché, le titre sur le Nasdaq bondissant de plus de 10% sur la journée sur des rumeurs rapportées par le site spécialisé AllThingsD. Le cours reste pourtant en baisse de 70% par rapport au cours d’introduction en Bourse de 10 dollars en décembre 2011.

Zynga était alors considéré comme une pépite du secteur technologique outre-Atlantique. Son fondateur Mark Pincus, qui cède la direction générale pour conserver la présidence de la société et s’octroyer le titre de responsable produits, a depuis fait déchanter les analystes en ne parvenant pas à réduire sa dépendance envers Facebook, qui a lui-même perdu de sa superbe en Bourse. En avril, le PDG avait réduit son salaire annuel à un dollar.

Zynga entend renouveler son attirail de jeux en faisant preuve d’innovation sous la direction de Don Mattrick, qui devra tout de même partager le pouvoir avec un fondateur toujours détenteur de 61% des droits de vote (pour 12% du capital). Le nouveau venu, qui rejoint également le conseil d’administration, justifie certes d’un parcours enviable, de la création il y a trente ans, à 17 ans, d’une société revendue en 1991 à Electronic Arts, où il passera quinze ans avant de rejoindre Microsoft pour diriger la division de loisirs interactifs, avec la Xbox en fer de lance.

L’aventure de Zynga, fondée en 2007, ne fait que commencer, a promis Don Mattrick, qui abandonne Microsoft à la veille du lancement crucial d’une nouvelle console.

Zynga, qui a concédé au premier trimestre une chute de 18% de son chiffre d’affaires à 264 millions de dollars et annoncé en juin la suppression de 18% de ses effectifs (soit 520 postes), pâtit depuis l’an passé d’une désaffection des utilisateurs de Facebook, qui se tournent davantage vers les jeux directement disponibles sur smartphones ou, par le biais du site de réseau social, vers les produits du concurrent en forme, King. Ce dernier a, selon Bloomberg, mandaté JPMorgan, Credit Suisse et Bank of America pour étudier un projet d’entrée en Bourse.

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