Xstrata fait un geste sur les bonus pour sauver la fusion avec Glencore
Xstrata a entendu la menace du Qatar de bloquer la fusion avec Glencore. Les dirigeants du minier ont accepté en moins de 24 heures de modifier les termes de leur plan de rémunération variable qui cristallisait déjà l’opposition de grands actionnaires depuis des semaines. Les 173 millions de livres (215 millions d’euros) promis aux 73 dirigeants jugés «clés» du groupe seront payés en actions et non plus en cash. Des conditions de performance, liées aux économies réalisées grâce à la fusion, ont également été appliquées alors que le premier accord n’en prévoyait pas.
L’offensive du Qatar a tout de même contraint les protagonistes à retarder le calendrier. Les assemblées générales de Glencore et de Xstrata prévues les 11 et 12 juillet ont été repoussées hier soir. Le Financial Times, qui évoque une réunion d’urgence hier entre des représentants de Qatar Holdings et les banquiers de Glencore, indique que ce dernier « est prêt à renoncer » à l’opération.
Pour tenter de convaincre les actionnaires du bien-fondé de ce plan de «rétention» des dirigeants, John Bond, le président de Xstrata, rappelle que ces 73 managers dirigent des activités représentant 80% des bénéfices du groupe Xstrata-Glencore et que, sans lui, la fusion aurait été trop risquée, donc impossible. Reste à savoir si cette soudaine et relative mesure sur les bonus suffira à convaincre les actionnaires de voter en faveur de la fusion. En plus de cet effort, le Qatar demandait un relèvement de la parité de fusion à 3,25 actions Glencore pour un titre Xstrata. Or, hier soir, aucune annonce publique n’avait été faite sur le prix, même si d’intenses discussions étaient menées entre les différentes parties.
Glencore ne peut pas aller trop loin, au risque, cette fois, de mécontenter ses propres actionnaires. A 3,25, la fusion diluerait de 10% les détenteurs d’actions Glencore, contre 4% estimés avec la parité initiale de 2,8. Mais le courtier en matières premières ne peut pas non plus rester sourd à la demande du Qatar.
Dans le schéma retenu, Glencore, qui ne pourra pas exercer en AG ses 34% de droits de vote, doit obtenir une majorité de 75%. Il suffirait ainsi que des actionnaires représentant 16% du capital de Xstrata votent contre pour faire capoter le projet. Or, à lui seul, le Qatar pèse déjà 10,4%. Selon plusieurs analystes, Glencore pourrait monter jusqu’à une parité de 3 pour convaincre les récalcitrants et sauver son projet.
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