Vodafone parvient in extremis à mettre la main sur Kabel Deutschland
Vodafone vient de remporter à la dernière heure une bataille stratégique. L’opérateur britannique a en effet franchi un pas de géant dans sa lutte pour le contrôle du câblo-opérateur allemand Kabel Deutschland en annonçant hier soir que son offre avait obtenu le soutien d’actionnaires représentant au moins 75% du capital.
Vodafone avait fixé ce niveau comme nécessaire à la poursuite des opérations, préalable à un second appel. Les résultats précis de la première phase de l’offre seront publiés le 16 septembre, avant que les actionnaires ne soient de nouveau sollicités, probablement selon Vodafone entre les 17 et 30 septembre. A raison de 87 euros par titre de sa cible, dont un paiement de dividende de 2,50 euros, le prétendant offre 7,7 milliards d’euros.
La partie semblait pourtant mal engagée pour Vodafone. Alors que l’offre expirait mercredi 11 septembre à minuit, le groupe britannique avait indiqué ce jour-là détenir la veille dans l’après-midi seulement 19,88% des titres. L’opération se heurtait semble-t-il notamment à la réticence des fonds indiciels, soucieux de conserver une exposition à Kabel Deutschland le plus longtemps possible, et, surtout, à l’opposition publique du fonds Elliott Management dirigé par Paul Singer, devenu le principal actionnaire de la cible avec 10,9% du capital.
Le rachat de Kabel Deutschland, pour lequel Vodafone attend une validation des autorités européennes le 20 septembre, permettra au groupe britannique de mettre en œuvre sa stratégie. L’offre se poursuit en effet alors que Vodafone a convenu la semaine passée de céder pour 130 milliards de dollars à Verizon Communications les 45% qu’il détient au capital de leur coentreprise Verizon Wireless. Une opération qui place plus nettement le centre de gravité de Vodafone sur le Vieux Continent. Et l’acquisition de Kabel Deutschland lui permettra de proposer dans le cadre d’une offre groupée davantage de services de télévision et de téléphonie fixe en Allemagne, son principal marché mobile en Europe.
Dans ce contexte, l’offre de Vodafone représente une valeur d’entreprise de 12 fois les résultats 2013, soit une prime de 35% par rapport au secteur. Mais ce multiple est ramené à 8,5 fois selon des analystes cités par Reuters une fois prises en compte les synergies attendues par le prédateur (300 millions d’euros de coûts annuels avant coûts d’intégration d’ici quatre ans et 1,5 milliard de synergies de revenus).
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