Vivendi envisagerait l’hypothèse d’une cession de sa pépite brésilienne GVT
Vivendi envisage de vendre sa filiale télécoms brésilienne GVT, pourtant l’un des joyaux de son portefeuille d’activités, croit savoir Reuters de sources au fait du dossier. Le groupe ne devrait pourtant pas annoncer de décision stratégique ni aujourd’hui ni à l’occasion de la présentation des résultats semestriels prévue le 30 août.
Une telle cession, qui pourrait représenter entre 7 et 8,5 milliards d’euros, tomberait à point nommé alors que les premières tentatives en vue de trouver un acheteur pour l'éditeur de jeux vidéos Activision Blizzard ont rencontré peu de succès au prix demandé, ont indiqué les sources citées par Reuters. «Une vente de GVT n’est plus taboue», a déclaré l’une d’entre elles. Bien qu’aucun mandat n’ait été donné à des banques pour rechercher des acheteurs potentiels, la réflexion du conseil d’administration a récemment évolué. GVT, qui fournit de la téléphonie fixe, de l’internet ainsi que de la télévision payante, était jusqu’ici considéré comme une pépite à conserver absolument. Le conseil pourrait désormais envisager de le céder, mais au juste prix.
Le président du conseil de surveillance Jean-René Fourtou doit faire face à la pression des agences de notation, préoccupées par les 14 milliards d’euros de dette du conglomérat, ainsi qu’aux attentes élevées des actionnaires qui espèrent des changements de taille.
Vivendi considère aujourd’hui GVT comme un possible candidat à une cession, malgré le fort potentiel de croissance du marché brésilien, car le groupe souhaite réduire son exposition au secteur des télécoms, jugé trop risqué et consommateur de capital par Jean-René Fourtou, ont expliqué deux sources au fait de la stratégie du groupe.
Le groupe avait mis la main sur GVT en 2009 pour 2,3 milliards d’euros, à la barbe de son concurrent Telefonica, dans le cadre de la stratégie d’expansion dans les marchés émergents de Jean-Bernard Lévy. Parmi les acheteurs potentiels de GVT pourraient figurer Telefonica et Oi, tous les deux opérateurs fixes et mobiles dans le pays, ainsi que Telecom Italia via sa filiale TIM Brasil. Également présent au Brésil, America Movil, la société du magnat mexicain Carlos Slim, pourrait également se montrer intéressée, mais la transaction pourrait poser des problèmes en matière de concurrence, selon une source bancaire.
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